ŒUVRES DE HENRI HEINE.
170
toujours pensé quéle Corretchio, le Carratchio et le Ca-ravatchio ne peuvent rien faire pour moi, si personne nevient m’acheter des billets, et que je tomberai alors dansle gatchio. Et puis, il faut aussi que je vous avoue,monsieur le docteur, que la religion catholique ne mefait pas le moindre plaisir; et, en homme raisonnable,je suis sûr que vous me donnez raison. Je ne vois pasoù est l’amusement : c’est une religion comme si le bonDieu venait de mourir, ce qu’à Dieu ne plaise ! On ysent ln fumée de l’encens comme à un enterrement, etl’on y bourdonne une si triste musique mortuaire, qu’ongagne la mélancolique. — Je vous le dis, ce n’est pasune religion pour un Hambourgeois.
— Mais, comment trouvez-vous la religion protes-tante?
— Oh ! celle-ci est trop raisonnable pour moi, monsieurle docteur; et s’il n’y avait l’orgue dans l’église protes-tante, ce ne serait pas une religion du tout. Entre noussoit dit, cette religion ne fait pas de mal ; elle est clairecomme un verre d’eau ; mais elle ne fait pas de bien nonplus. Je l’ai essayée, et cette épeuve me coûte 4 marcs14 schelings.
— Gomment donc cela, mon cher monsieur Hya-cinthe?
— Voyez-vous, monsieur le docteur, je me suis dit:C’est sans doute une religion bien éclairée, et elle n’a pasde rêveries, d’extravagances ni de miracles; il faut pour-tant qu’elle ait un peu de rêverie, un petit brin d’extra-