VIII
C’était Hyacinthe, le domestique du marchese, lequelétait assis sur un tertre de gazon, sous un large laurier,et près de lui, Apollon, le chien de son maître. Le chienétait presque debout, car il avait mis ses pattes de de-vant sur les genoux écarlates du petit homme, et regar-dait curieusement ce que faisait celui-ci, qui, tenant enses mains des tablettes, y écrivait de temps en tempsquelque chose, souriait d’un air sentimental, secouait latête, soupirait profondément, puis, tout ravi, se mou-chait le nez.
— Que diable, Hirsch Hyacinthe! lui criai-je, est-ceque tu fais des vers? Allons, les signes sont favorables:Apollon est auprès de toi, et le laurier s’incline déjà surta tête !
Mais je faisais injure à ce pauvre garçon. Il me réponditavec douceur : —Des vers? Oh! mon Dieu, non ! j’aimeles vers, mais je n’en fais point. Et puis qu’écrirais-je?N’ayant rien à faire pour le moment, j’écrivais, pourmon plaisir, la liste de ceux de mes amis qui ont prisjadis des numéros de loterie dans ma collecte. Il y en a