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2 (1861)
Entstehung
Seite
165
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REISEBILHETl.

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cule comme un fou, on danse sur les collines et sur lesrochers, et lon simagine que le monde entier danseavec soi. On se sent comme si le monde était créé dau-', et quon fût le premier homme. Ah ! quetout cela est beau ! mécriai-je ravi, quand jeus quitté lademeure de Francesca; quil est beau! quil est admi-rable, ce nouveau monde ! Il me semblait quil me fallûtdonner comme le premier homme un nom à toutes lespiaules, à tous les animaux, et je nommais tout daprèssa nature intime, et selon mon propre sentiment, qui seconfondait si complaisamment avec les choses exté-rieures. Mon sein était une source de révélation, et jecomprenais toutes les formes et toutes les figures, leparfum des plantes, le chant des oiseaux, le sifflementdu vent, et le murmure des cascades. Jentendis plusdune fois aussi la voix divine qui me disait : Adam ,es-tu? Me voici, Francesca, répondais-je alors, jetadore, car je sais bien certainement que tu as créé lesoleil, la lune et les étoiles, et la terre avec toutes sescréatures! Alors une sorte de ricanement sortait desbuissons de myrtes, et je soupirais secrètement, et jenie disais : O douce folie ! ne mabandonne pas !

Mais ce fut plus tard, quand vint le moment du cré-puscule, que commença la vraie félicité de cette extra-vagance amoureuse. Les arbres des montagnes ne dan-saient plus seuls, mais les montagnes elles-mêmesdansaient avec leurs tètes pesantes, que le soleil cou-chant illuminait dune teinte si rouge quon les eût dit