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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
hiver entier se passe dans un calme immobile, jusqu’àce que le printemps «rrive, et que la petite graine s’élèveen fleur flamboyante, dont le parfum étourdit la tête.Ce même soleil, qui couve dans la vallée du Nil lesœufs des crocodiles égyptiens, peut également, à Pots-dam , sur la Havel, faire arriver dans un jeune cœur lagraine d’amour à sa maturité la plus complète. — Alorsil y a des larmes en Égypte et à Polsdam. Mais pendantlongtemps encore les larmes, ni celles des crocodiles,ni celles des dames prussiennes, éclairciront la moin-dre chose. — Qu’est-ce que l’amour? Quelqu’un a-t-ilanalysé son essence? A-t-on résolu cette énigme? Peut-être, cette solution produira-t-elle de plus grandes dou-leurs que l’énigme elle-même, et le cœur se pétrifierad’effroi à la vue de cette Méduse. Des serpents setordent autour du terrible mot de cette énigme. Oh! jene le veux jamais savoir, ce mot! La cuisante souffrancede mon cœur me sera toujours plus chère qu’une froidepétrification. Oh! ne me le dites pas, vous, êtres morts,qui, préservés de douleur comme la pierre, mais privésde sentiment comme elle, errez au travers des jardinsde roses de ce monde, vous, dont les lèvres pâles rientdédaigneusement de nous autres insensés, qui exaltonsle parfum de la rose, en nous récriant sur les épines.
Si je ne puis, cher lecteur, dire au juste ce qu’estl’amour, je pourrais cependant te raconter en détailcomment on gesticule, et ce qu’on éprouve quand ons’est pris d’amour sur les Apennins. D’abord on gesti-