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2 (1861)
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164
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

hiver entier se passe dans un calme immobile, jusquàce que le printemps «rrive, et que la petite graine sélèveen fleur flamboyante, dont le parfum étourdit la tête.Ce même soleil, qui couve dans la vallée du Nil lesœufs des crocodiles égyptiens, peut également, à Pots-dam , sur la Havel, faire arriver dans un jeune cœur lagraine damour à sa maturité la plus complète. Alorsil y a des larmes en Égypte et à Polsdam. Mais pendantlongtemps encore les larmes, ni celles des crocodiles,ni celles des dames prussiennes, éclairciront la moin-dre chose. Quest-ce que lamour? Quelquun a-t-ilanalysé son essence? A-t-on résolu cette énigme? Peut-être, cette solution produira-t-elle de plus grandes dou-leurs que lénigme elle-même, et le cœur se pétrifieradeffroi à la vue de cette Méduse. Des serpents setordent autour du terrible mot de cette énigme. Oh! jene le veux jamais savoir, ce mot! La cuisante souffrancede mon cœur me sera toujours plus chère quune froidepétrification. Oh! ne me le dites pas, vous, êtres morts,qui, préservés de douleur comme la pierre, mais privésde sentiment comme elle, errez au travers des jardinsde roses de ce monde, vous, dont les lèvres pâles rientdédaigneusement de nous autres insensés, qui exaltonsle parfum de la rose, en nous récriant sur les épines.

Si je ne puis, cher lecteur, dire au juste ce questlamour, je pourrais cependant te raconter en détailcomment on gesticule, et ce quon éprouve quand onsest pris damour sur les Apennins. Dabord on gesti-