VII
Ce que sont les coups de bâton, on le sait; mais cequ’est l’amour, personne encore ne l’a découvert. Quel-ques philosophes modernes ont soutenu que c’était unesorte d’électricité. Cela est possible; car, dans le mo-ment où l’on s’amourache, on sent comme un rayonélectrique de l’œil de l’objet aimé qui frappe droit dansle cœur. Ah ! ces éclairs sont les plus pernicieux, et j’élè-verais plus haut que Franklin celui qui inventerait unpréservateur contre une telle foudre ! Que n’existe-t-ilde petits paratonnerres, qu’on pourrait porter sur lecœur, et dont le conducteur détournerait ailleurs le feuredoutable. Mais je crains qu’il ne soit moins facile d’en-lever au petit Amour ses flèches que la foudre à Jupiteret le sceptre aux tyrans. D’autant plus que tous lesamours ne procèdent pas par éclairs. Ils nous guettentsouvent comme un serpent parmi les roses, prêts à pro-fiter du moindre jour pour s’introduire dans notre cœur.D’autres fois, il suffit d’un mot, d’un regard , du récitd’une action insignifiante, un je ne sais quoi qui tombe,aussi menu qu’une petite graine, dans notre cœur. Un