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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

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toute sa longueur sur le sofa, se mettant les mains surles yeux, et sécriant hors dhaleine : Ah ! que je suj sfatiguée de dormir! Alors s'approche le marquis, lequellui débite une longue harangue dans un ton ironique-ment empesé et respectueux, qui contraste dune façonsingulière avec sa fade sensiblerie ordinaire, et plus encore avec cette transition brusque à un langage positif,concis et laconique que je lui connaissais, quand unsouvenir soudain le rappelait à ses affaires mercan-tiles. Cependant le ton avec lequel parlait à présentle marquis navait rien de faux; il sétait peut-êtreformé naturellement en lui précisément parce que cethomme manquait de la hardiesse suffisante pour an-noncer du premier coup une supériorité à laquelle ilse croyait droit par largent et par lesprit, et quilcherchait lâchement à masquer sous lexpression del'humilité la plus exagérée. Son large sourire avait, enpareille occasion, quelque chose de désagréablementcomique, et lon restait incertain si lon devait le souf-fleter ou lapplaudir. Ce fut donc ainsi quil présentason compliment matinal à Francesca, qui, encore àdemi endormie, lécouta à peine; et lorsquil demandala permission de lui baiser les pieds, ou tout au moins lepied gauche, et quil déploya, à cet effet, avec grand soinson mouchoir de soie jaune, sur lequel il sagenouilla,elle lui tendit indifféremment son pied gauche, qui étaitchaussé dun charmant soulier rouge, tandis quelle por-tait un soulier bleu au droit, piquante coquetterie qui