Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
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IV

Un jour que jétais allé, par une belle journée deprintemps, me promener sous les tilleuls à Berlin, je vismarcher devant moi deux femmes qui se turent long-temps, jusquà ce quenfin lune d'elles dit avec un sou-pir de langueur: Ohl la verdure des arbres! Sur quoi,lautre, toute jeune fille, dit avec un étonnement naïf:Maman, que vous fait donc la verdure des arbres?

Je ne pus mempêcher de remarquer que ces deuxpersonnes nétaient point vêtues de soie, mais quellesnappartenaient pourtant pas à la populace, d'autantplus quil ny a pas de populace à Berlin, sinon dansles classes les plus élevées. Quant à celte question naïve,elle ne me sort pas de la mémoire. Partout je prendssur le fait un faux sentiment de la nature, et quelquehypocrisie verdoyante de cette espèce, la question de laBerlinoise me revient à lesprit avec un rire bouffon.Jentendis en moi ce rire pendant la déclamation dumarquis, et lui, devinant lironie sur mps lèvres, sécriaavec humeur : Ne me troublez pas... Vous navez pasle sentiment de la pure nature... Vous êtes un hommedéchiré, une âme déchirée, et pour ainsi dire un Byron.