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menade. Ou bien ces grands nez sont-ils une sorte d’uni-forme nazal auquel le dieu roi d’Israël reconnaît ses an-ciens gardes-du-corps, même quand ils ont déserté. Lemarquis Gumpelino était un de ces déserteurs ; niais ilportait toujours son uniforme, qui était fort brillant, etsemé de petites croix et de petites étoiles de rubis, plus unaigle rouge en miniature, et d’autres décorationsencore.
—Voyez-vous, dit milady, voilà mon nez favori, et jene connais pas au monde de plus belle fleur.
— Cette fleur, dit Gumpelino, je ne puis la placer survotre beau sein sans y ajouter ma ligure fleurie, et cesupplément vous gênerait peut-être un peu par la cha-leur qui court, mais je vous apporte une autre fleur nonmoins belle, qui est rare ici...
A ces mots, le marquis ouvrit un .cornet de papier desoie qu’il avait apporté , et en tira, avec de lentes pré-cautions, une magnifique tulipe.
A peine milady eut-elle aperçu la fleur, qu’elle se mità crier à tue-tête: — Meurtre! meurtre! Vous voulezdonc m’assassiner? Délivrez-moi de cet horrible aspect!Elle se démena comme si l’on eût voulu la tuer, se mitles mains devant les yeux, courut comme une folle au-tour de la chambre, maudit le nez et la tulipe de Gum-pelino, sonna, frappa du pied, frappa de sa cravache lechien, qui se mit à hurler, et quand John entra, elles’écria comme Kean, dans Richard III :
Un cheval ! un cheval 1Mon royaume pour un chevall