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2 (1861)
Entstehung
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II

Lavis que mavait donné Mathilde de ne pas me heur-ter au nez de cet homme était suffisamment fondé, etpeu sen fallut que ce nez ne me crevât un œil. Je nenveux pourtant pas dire de mal, au contraire : il était dela plus noble forme, et il autorisait même mon ami à sedonner un titre de marquis tout au moins ; car on recon-naissait facilement, à cette partie du visage, que l'hommeétait de bonne noblesse, et quil descendait dune famillevieille comme le monde, dans laquelle le bon Dieu sestjadis apparenté sans crainte de mésalliance. 11 est vraique cette famille est un peu déchue depuis ce temps,tellement, quaprès le règne de Charlemagne, il lui afallu gagner son pain en trafiquant de vieilles culottes etde billets de la loterie de Hambourg, sans pour cela rienperdre de son orgueil nobiliaire ni abandonner lespoirde recouvrer un jojir les biens de ses ancêtres, ou dumoins une indemnité démigrés, quand son vieux sou-verain légitime aura accompli sa promesse de restaura-tion, promesse avec laquelle il promène ces gens depuisdix-huit cents ans par le nez. Peut-être que leurs nez nesont devenus si longs que par suite de cette longue pro-