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2 (1861)
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HBISËBILDER.

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Son œil me regardait comme une mélancolique étoilesolitaire dans un ciel dautomne, et elle me dit avecsensibilité et tendresse : Vous paraissez maimermoins, docteur ; car votre larme nest tombée sur mamain que par pitié, presque comme une aumône.

Qui vous autorise à interpréter aussi mesquine-ment le langage muet de mes larmes? Je parie que cechien blanc qui se presse actuellement contre vous mecomprend mieux. 1! me regarde et vous ensuite, etsemble sétonner que les hommes, fiers maîtres de lacréation, soient si complètement malheureux au fonddu cœur. Hélas ! milady, il ny a que les douleurs sem-blables aux nôtres qui nous arrachent des larmes !Chacun ne pleure réellement que pour son proprecompte.

Assez, assez, docteur. Il est bon, du moins, quenous soyons contemporains, et que nous nous soyonsrencontrés dans le même coin de terre avec nos folleslarmes. Ah ! quel malheur si, par hasard, vous aviezvécu deux cents ans plus tôt, comme cela mest arrivéavec mon ami Michel Cervantes de Saavedra ! ou sivous étiez venu au monde un siècle plus tard que moi,comme un autre de mes amis intimes, dont je ne saismême pas le nom, par la raison quil nen aura un quàsa naissance, en lan 1900 ! Mais dites-moi maintenant,quelle vie avez-vous menée depuis que nous ne noussommes vus?

Jai continué mon métier ordinaire, milady; jai