REISEBILDEU.
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et les animaux, les hommes et leurs œuvres. Ces pyra-mides égyptiennes, qui semblent braver sa rage de des-truction , ne sont, elles-mêmes que les trophées de sapuissance, des monuments d’anéantissement, d’antiquestombeaux de rois.
Mais une pensée pire encore que celle d’un dépéris-sement continuel, d’un affreux gouffre de mort toujoursbéant, c’est que nous ne périssons même pas en qualitéd’originaux, mais seulement comme copies d’hommesdisparus depuis longtemps, qui nous ressemblaient encorps et en esprit, et qu’il naîtra après nous des hommesqui auront encore le même air, les mêmes sentimentset les mêmes pensées que nous, et que la mort anéantiraaussi;... désolant et éternel jeu de redites pour lequella terre féconde est obligée de produire sans cesse, etplus que la mort ne peut détruire, de sorte que, dans lapresse d’un tel travail, elle ne peut guère s’occuper quede la conservation des espèces plutôt que de l’originalitédes individus.
Plus que jamais je me sentis pénétrer par le frissonmystérieux de cette pensée, quand je vis dans le palaisDurazzo les portraits des belles Génoises, et, dans lenombre, un tableau qui produisit dans mon âme unetendre tempête , dont mes paupières tremblent encorequand j’y pense... C’était le portrait de Maria la morte.
Le gardien de la.galerie croyait, à la vérité, que ceportrait représentait une duchesse de Gênes, et il ajoutad’un ton de cicerone ; — Il a été peint par Giorgio Bar-