HEISEBILDEU.
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se réveiller qu’à Sainte-Hélène. Nous n’avons été guèreplus sobres, nous autres : nous avons partagé l’ivresse,et rêvé tout à fait les mêmes merveilles; nous noussommes éveillés de même, et, dans notre humeur degens dégrisés, nous faisons à présent bien des réflexionsraisonnables.
Ce qui nous frappe d’abord, c’est que le grand levierque des princes ambitieux et avides savaient faire sibien jouer autrefois, la nationalité, avec ses vanités etses haines, est maintenant émoussé et usé; chaque jours’éteint un de ces sots préjugés nationaux ; toutes lesâpres singularités des peuples sont écrasées sous l’actionde la civilisation générale européenne. Il n’y a plus denations en Europe, mais seulement des partis; et c’estchose curieuse de voir comme ceux-ci se reconnaissenttout de suite, malgré la différence des couleurs, et s’en-tendent en dépit de la multiple confusion des langues.Alors même que les têtes se trompent, les cœurs n’ensentent pas moins ce qu’ils veulent, et le temps marchetoujours vers l’accomplissement de sa grande tâche.
Mais qu’elle est la grande tâche de notre temps?
C’est l’émancipation. Non pas seulement celle desIrlandais, des Grecs, des Juifs de Francfort, des noirsd’Amérique, et autres populations également oppri-mées, mais bien l’émancipation de tout le monde, sur-tout de l’Europe, qui est devenue majeure, et s'arracheaujourd’hui des lisières des privilégiés, de l’aristocratie.Les quelques renégats philosophiques de la liberté