XXVII
Ne va pas, je t’en prie, cher lecteur, me prendrepour un bonapartiste quand même; mon hommages’adresse, non aux actes, mais seulement au génie del'homme, quel que soit le nom de cet homme, qu’ils’appelle Alexandre ou César ou Napoléon. Je n’admirejamais l’acte, le fait, mais seulement l’esprit humain;l’acte, le fait, n’en est que le vêtement, et l’histoiren’est pas autre chose que la vieille garde-robe de l’esprithumain. Pourtant l’amour trouve quelquefois un grandcharme aux vieilles défroqués, et c’est ainsi que j’aimele manteau de Marengo.
— « Nous sommes sur le champ de batail’e de Ma-rengo. » — Combien mon cœur tressaillit de joie quandle postillon prononça ces paroles ! J’étais parti de Milanle soir.avee un très-aimable Livonien, qui contrefaisaitvolonners le Russe, et je vis le lendemain matin le soleilse lever sur le célèbre champ de bataille.
C’est ici que le général Bonaparte but un coup si co-pieux à la coupe de la gloire, que, dans l’ivresse il devintpremier consul, empereur, maître du monde, et ne put