Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
85
Einzelbild herunterladen
 

REISEBÏLDER.

85

kTj*,

laèi

tkrtj

fl bis

tKita

i n»;

HfBBS.

«.SW

fl»*

K: !>'

&£?'

eS£&

'4^

. .A*

Grande, aimable comme il le fut toujours avec lespoètes, voulait descendre de son cheval et me servir deguide. Reste, lui criai-je ; je nai pas besoin de toi ;mon cœur est le meilleur cicerone, et me raconte par-tout les histoires qui se sont passées dans ces palais, etil me les raconte fidèlement, sauf les noms et les dates.

Quand jarrivai à larc de triomphe romain, un moinenoir y passait à la liâle; bientôt après résonna un gron-dement allemand de Wer da ? Amico ! dit en gla-pissant un joyeux soprano.

Mais à quelle femme appartenait donc cette voix quime pénétra lâme avec une douceur si mystérieusequand je montai la Scala-Ammazzati? Cétait un chantcomme il en sortirait de la poitrine dun rossignol mou-rant , douloureusement tendre et frappant sur les mursde ces maisons comme demandant du secours. Cest àcette place quAntonio délia Scala massacra son frèreBartolomeo, quand celui-ci se rendait chez sa maîtresse.Mon cœur me disait quelle était encore assise dans saohambre, attendant son bien-aimé, et quelle ne chan-tait que pour étouffer un pressentiment inquiet. Maisbientôt la voix et lair me parurent si connus : javaisdéjà entendu jadis ces sons soyeux, frissonnants et sai-gnants ; ils menlacèrent comme des souvenirs tendreset suppliants, et... Quel sot cœur est le mien! medis-je; ne reconnais-tu plus la romance du roi mauremalade, que Maria la morte a chantée si souvent? Et lavoix... Ne reconnais-tu plus la voix de Maria la morte?