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2 (1861)
Entstehung
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XXIII

Dès quil fait sombre, le beau monde de Vérone sepromène sur la place La Bra, ou sétablit sur de toutpetits sièges devant les cafés lon hume le sorbet, lafraîcheur du soir et la musique. Cest quil fait bondêtre assis; le cœur se laisse bercer avec ses rêveriessur de douces vagues harmoniques, et résonne enécho. Maintes fois, au moment de lassoupissement,il tressaille quand les trompettes sonnent, et chanteavec tout lorchestre. Alors lesprit est réveillé commepar un éclat de soleil, les sentiments à larges fleurs etles souvenirs aux grands yeux noirs sépanouissent, etpar-dessus passent comme des nuages les pensées fières,lentes et éternelles.

Minuit avait déjà sonné depuis longtemps, que jerraisencore par les rues de Vérone, qui devenaient peu àpeu désertes et rendaient de bizarres échos. Les édificeset ieurs statues tremblotaient comme des vapeurs à unedemi-lueur de lune, et plus dune figure de marbre meregarda avec une pâle douleur. Je passai vite devant lestombeaux des Scaliger, car il me sembla que Can-