Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

Mon voiturin avait attelé ses coursiers plus tôt quePhœbus, et il était à peine midi que nous arrivâmes àAla. Cest dans cette ville que les voiturins ont coutumede sarrêter quelques heures, pour échanger leursvoitures.

Ala est déjà un véritable nid italien. La position enest pittoresque, sur une pente de montagne, au pied delaquelle court et murmure une petite rivière; la verdureriante des vignes enlace çà et, les palais de mendiants,rapetassés et trébuchant les uns sur les autres. Au coindu marché tout biscornu, qui est aussi grand quunebasse-cour, se lit, en caractères magnifiques et gigan-tesques: Via s sa di San-Marco. Sur le fragment depierre dun graud écusson de blason antique, un petitgarçon sétait mis à son aise. Le soleil éclairait danstoute sa splendeur létat naïf de son dos; il tenait dansses mains une image de saint en papier, quil baisaitpréalablement avec une profonde dévotion. Une petitefille, belle comme un ange, se tenait auprès de lui en