Mon voiturin avait attelé ses coursiers plus tôt quePhœbus, et il était à peine midi que nous arrivâmes àAla. C’est dans cette ville que les voiturins ont coutumede s’arrêter quelques heures, pour échanger leursvoitures.
Ala est déjà un véritable nid italien. La position enest pittoresque, sur une pente de montagne, au pied delaquelle court et murmure une petite rivière; la verdureriante des vignes enlace çà et là, les palais de mendiants,rapetassés et trébuchant les uns sur les autres. Au coindu marché tout biscornu, qui est aussi grand qu’unebasse-cour, se lit, en caractères magnifiques et gigan-tesques: Via s sa di San-Marco. Sur le fragment depierre d’un graud écusson de blason antique, un petitgarçon s’était mis à son aise. Le soleil éclairait danstoute sa splendeur l’état naïf de son dos; il tenait dansses mains une image de saint en papier, qu’il baisaitpréalablement avec une profonde dévotion. Une petitefille, belle comme un ange, se tenait auprès de lui en