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Tel est le sens ésotérique de l'opéra bouffon. La sen-tinelle exotique et autrichienne devant qui on le chanten'en viendra jamais à soupçonner le sens de ces joyeuseshistoires d’amour, de ces embarras d’amour, de cescoquetteries d’amour dont l’Italien couvre ses plus mor-telles pensées de délivrance, comme Harmodius et Aris-togiton cachèrent leur poignard dans une guirlande demyrtes. Voici, par ma foi, une production bien folle, ditla sentinelle exotique, et il est bien heureux qu’elle nes’aperçoive de rien. Car, autrement, l’impressario, avecla prima donna et le primo uomo monteraient bientôtsur ces planches qui représentent une prison ; on établi-rait une commission d’enquête, tous les trilles dange-reux pour l’État et les fioriture révolutionnaires seraientconsignés au protocole; on arrêterait une foule d’arle-quins impliqués dans de vastes ramifications de menéescoupables, puis le Tartaglia, le Brighella, et même levieux circonspect Pantalon; on mettrait sous le scelléles papiers du Dottore di Bologna, son bégaiement na-sillard le rangerait dans une catégorie de suspects plussérieux, et Colombine perdrait l’éclat de ses yeux enpleurant sur cette infortune de famille. Mais je croiscependant qti’un pareil malheur ne tombera pas de sitôtsur ces braves gens, car les démagogues italiens sontplus rusés que les pauves Allemands. Ceux-ci, quiavaient eu la même idée, s’étaient déguisés en farceursnoirs avec de noirs bonnets de fous teutomanes; maisils avaient l’air si étrangement triste, et dans leursn. i