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2 (1861)
Entstehung
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Quand je revins à la locanda délia grande Europa, javais commandé un bon pranzo , je me sentis réel-lement lâme si dolente que je ne pus manger, et cestbeaucoup dire. Je métablis devant la porte de la bo-tega voisine, me rafraîchis avec du sorbet, et me dis àpart moi :

Cœur capricieux ! te voilà en Italie... Pourquoi netyrilises-hi pas? Est-ce que les vieux chagrins dAlle-magne, ces petits serpents blottis dans tes profondeurs,sont venus en Italie de compagnie avec toi, et se ré-jouissent maintenant, de sorte que leur allégresse pro-duit dans ton sein cette douleur pittoresque qui pique,se tord et siffle dune façon si singulière? Et pourquoiles vieux chagrins nauraient-ils pas aussi leur part dejoie? tout est si beau ici en Italie, que la souffrancemême y est belle; dans ces palais de marbre ruinés, lessoupirs résonnent dune manière bien plus romantiqueque dans nos petites maisons en briques si proprettes ;on est bien plus voluptueusement pour pleurer sous cesbosquets de laurier, que sous le feuillage aigre et gron-