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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
milien. Mais comme l’église est petite et la toiture peuélevée, on croit voir de noires figures de cire dans unebaraque de foire. On lit sur le piédestal de quelques-unes le nom des augustes personnages qu’elles repré-sentent. Pendant que je considérais ces statues, sur-vinrent des Anglais : un homme maigre, à face ébahie ,les pouces accrochés aux emmanchures de son giletblanc, et, entre les dents, son Guide des Voyageurs;derrière lui, sa longue compagne, dame dans la fleur desa décadence, mais encore suffisamment épaisse; der-rière elle, une ligure rouge de porter sur un collet blancde poudre, marchant raide dans un habit dito, et lesbras de bois entièrement chargés des gants de milady,de ses fleurs des Alpes, et de son carlin.
Ce trèfle monta en file jusqu’à la partie supérieure del’église, et le fils d’Albion expliqua à sa compagne lesstatues, c’est-à-dire qu’il lut dans son Guide des Voya-geurs ainsi qu’il suit: — « La première statue est celledu roi Clovis de France, l’autre celle du roi Arthurd’Angleterre, la troisième de Rodolphe de Habs-bourg, etc. » Mais comme le pauvre Anglais avaitcommencé sa revue par en haut, et non d’en bas,comme le supposait le Guide des Voyageurs, il tombadans des quiproquos des plus amusants, et qui devenaientplus comiques encore quand il arrivait à une statue defemme, qu il prenait pour un homme, et vice versa; desorte qu’il ne comprenait point pourquoi Rodolphe deHabsbourg était représenté en jupes, tandis que l’iinpé-