RE1SEBILDER.
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qui manque encore tout à fait de démagogues, nouspouvons employer cet homme. Nous avons en lui unfort bon démagogue, qui en même temps est si doux,qu’il lèche tout ce qu’on lui donne, et comme il estunique dans son espèce, nous aurons encore plus tard,quand il sera crevé , l’avantage spécial de le faire em-pailler et de pouvoir le conserver à la postérité commele dernier démagogue, avec sa peau et ses cheveux.Gardez-vous pourtant, je vous prie, d’en rien dire auprofesseur Lichtenstein, de Berlin ; car celui-ci le feraitréclamer pour le musée zoologique de cette ville, ce quipourrait occasionner une guerre entre la Prusse et laBavière, vu que nous ne voulons en aucun cas le livrer.Déjà les Anglais l’ont estimé, et en ont offert sept millesept cent septante-sept guinées; déjà les Autrichiensont voulu l’échanger contre la girafe; mais notre mi-nistère a répondu que le dernier démagogue est sansprix, et qu’il fera un jour l’orgueil de notre cabinetd’histoire naturelle, ainsi que l’ornement de notre ville.
Le Berlinois paraissait m’écouter avec quelque dis-traction. Des objets plus beaux avaient captivé sonattention, et il me coupa tout à coup la parole en cestermes : — Mille pardons si je vous interromps ; maisdites-moi donc au moins ce que c’est que ce chien quicourt là-bas?
— C’est un autre chien.
— Ah ! vous ne comprenez pas. Je parle de ce grandchien à soies blanches et sans queue.