JO ŒUVRES DK HENRI HEINE.
Il saule réellement très-bien sur une barre, fait des som-maires de tous les sauts imaginables, et des cataloguesde toutes les variantes des poésies en vieux idiomestudesques. Et puis, il représente l’amour de la patriesans être le moins du monde dangereux ; car on saittrès-bien qu’après s’être trouvé par hasard au milieu desdémagogues teutomanes, il s’en est retiré à temps,quand leur cause offrit quelques risques, et cessaainsi de s’accorder avec les sentiments chrétiens deson tendre cœur. Mais depuis que le danger a disparu,que les martyrs ont souffert pour leur opinion, quepresque tous y ont renoncé spontanément, et que mêmenos barbiers les plus chauds ont quitté leurs pourpointsteutoniques, de ce moment même a commencé l’èreprospère de notre prudent sauveur de la patrie. Lui seula conservé le costume des démagogues teutomanes etles locutions qui en font partie ; il vante encore Armi-nius le Chérusque et madame Thusnelda, son épouse,comme s’il était leur blond descendant. Il nourrit tou-jours une haine patriotique germanique contre la Hnby-lone française, contre l’invention du savon, contre lagrammaire grecque païenne de Thiersch, contre Quinc-tilius Varus, contre les gants, et contre tous les hommesqui ont un nez décent. Il se présente ainsi, monumentambulant d’un temps évanoui, et, comme le dernierMohican, lui aussi est resté seul de toute une horde sau-vage et saugrenue, lui, le dernier démagogue teufo-mane. Vous voyez donc que, dans la nouvelle Athènes,