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Athènes, cela est, entre nous, passablement ridicule, etj’ai beaucoup de mal quand il me faut la défendre sousce rapport. C’est ce que j’ai vivement éprouvé dans ledialogue avec le Philistin berlinois, lequel fut assez im-poli , encore qu’il eût discouru avec moi depuis quelquetemps, pour ne trouver aucun sel attique dans la nou-velle Athènes.
— Il n’y en a qu’à Berlin, cria-t-il assez haut. Là seu-J lement vous trouverez l’esprit et l’ironie. Il y a bien icide la bière blanche, mais véritablement aucune ironie.
— Nous n’avons pas d’ironie, nous cria Nannerl, lasvelte sommelière, qui passait alors en courant ; maisvous pouvez demander ici toute autre espèce de bière.
J’eus grand regret que Nannerl eût pris l’ironie pourune bière particulière, peut-être pour la meilleure deStettin, et afin qu’elle ne s’exposât plus désormais à unepareille méprise, je commençai à l’endoctriner ainsi :— Belle Nannerl, l’ironie n’est point une bière, maisune invention des Berlinois, les gens les plus avisés dumonde, qui étaient fort contrits d’être nés trop tardpour pouvoir inventer la poudre : ils cherchèrent doncà se faire une invention aussi importante, fort utile àceux-là même qui n’ont pas inventé la poudre. Autre-fois, ma chère enfant, quand quelqu’un avait fait ou ditune sottise, qu’y pouvait-on? Ce qui était fait était fait,et l’on disait : — Cet homme est un stupide animal.C’était désagréable. A Berlin, où l’on est fort sensé etoù l’on fait néanmoins le plus de sottises, on sentait
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