HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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un double pignon de briques avec gradins comme nous en avons déjà rencontré dans la France du Centre,mais comme on en trouve surtout dans la région flamande au seuil de laquelle nous sommes arrivés àAbbeville.
Bibliographie : Alcius Ledieu : La Maison de François / er à Abbeville. Revue de l’Art chrétien. Septembre 1901. — Mac-queron : Picardie historique et monumentale, T. III, p. 69. — Pierre Dubois : La Maison de François I er à Abbeville. Musées et Monu-ments de France (1907), p. 157-159.
Le cliché que reproduit notre planche XCVI, représentant l’état de la maison antérieur à 1907, appartient aux archives dela Commission des Monuments historiques.
PL XCVII. — Beauvais. — Maison 20, rue de la Manufacture.
Cette maison, que l’on désignait autrefois sous le nom d’Hôtel du Cheval d’Or, est un spécimen assezsimple mais typique des usages de la construction à pans de bois du xv' siècle. Appuyée sur une voisine plusbasse, elle présente comme celle-ci un pignon avec plusieurs encorbellements soutenus par des consolessculptées, sur une rue de moyenne largeur et elle y constitue un décor très pittoresque, d’ailleurs encoreassez fréquent dans cette vieille ville de Beauvais.
Le cas particulier que l’on y remarque, et qui nous l’a fait choisir entre beaucoup d’autres, est l’emploi,assez naturel dans un pays où les fabriques de poterie et de terre vernissée ont été prospères de tout temps, debriques et de carreaux émaillés qui tiennent lieu du hourdis ordinaire et remplissent les interstices d’un pan debois d’ailleurs soigné et de formes ingénieusement variées. Certains de ces carreaux portent des fleurs de lys,des enroulements, des damiers, des fleurs, des mouchetures. On en voit même qui présentent de petites figuresde sainteté en relief. Le cas n’a pas dû être aussi exceptionnel qu’il le parait aujourd’hui. Le goût de la couleurbrillante est bien dans l’esprit de l’art de la France septentrionale et c’est avec beaucoup d’à-propos que l’usagede la céramique a été repris de nos jours pour des destinations analogues. Mais les procédés techniques despotiers d’autrefois ne permettaient pas à leurs produits de résister indéfiniment aux intempéries; beaucoup deces décorations ont disparu d’elles-mèmes. Il est à espérer que nos faïences modernes et nos grès céramespourront faire un plus long usage.
Bibliographie : Congrès archéologique de Beauvais (1905), p. 31 (pl.)
Pl. XCVIII. — Reims. — Maison, 7, place des Marchés.
Les maisons de bois, très fréquentes dans le Nord et dans l’Ouest de la P’rance, le sont beaucoupmoins dans l’Est et dans le Midi, soit que la pierre ait été dans ces régions plus facile à se procurer, soit quele tempérament des constructeurs les portât moins à ce mode de construction dérivé de la charpenterie. Envoici cependant un bel exemple, mais d’un dessin assez particulier^ Reims, sur la place des Marchés. Il paraitbien appartenir à l’extrême fin du xv' siècle ou aux premières années du xvi' et présente, avec les pinacles dontse décorent les poteaux, avec les arcs en accolade surmontés d’un quadruple crochet de feuilles qui couron-nent les fenêtres, les meilleurs caractères du style gothique fleuri.
Cette maison, ainsi que celle qui lui fait suite, avec une façade en retour sur une petite rue, et quimalheureusement est recouverte sous le plâtre et le badigeon, oflrent comme particularité un très fort encorbel-lement en avant des boutiques du rez-de-chaussée. La saillie est de plus d’un mètre et les consoles sont rem-placées par de fortes potences dont deux s’appuient sur la jambe étrière du mur mitoyen du côté droit. Cettesaillie considérable forme même bretèche de ce côté, puisque le pan de bois qui fait retour jusqu’au murmitoyen, présente des jours latéraux. Remarquons aussi que la charpente qui s’est admirablement maintenuesans déformations n’est composée que de poteaux verticaux et de poutres horizontales sans aucune croix deSaint-André.
Les statuettes rapportées sur la façade sont modernes, mais les deux potences extrêmes portent lesreprésentations largement taillées en plein bois de Samson tuant le lion et de Saint-Michel terrassant ledémon. Quelques sculptures grotesques se voient encore sur les autres poutres et sur celles de la façade enretour de la maison voisine.
Bibliographie : Viollet-le-Duc : Dictionnaire d’architecture, t. VI, p. 265-266 (tig.). — Givelet : Congres archéologique deFrance 1861.