HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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PL XCXIX. — Thiers. — Maison du Pirou.
La région du Centre n’est pas non plus très féconde en constructions de bois. Si l’on en trouve encoreun bon nombre et d’assez intéressantes à Moulins, ni Riom, ni Clermont n’en présentent plus guère aucunspécimen : à Montferrand, à peine en rencontre-t-on encore une, la Maison dite de l’Apothicaire, en haut de larue de la Fontaine. En avançant davantage dans le Plateau Central, on en trouve au contraire en abondancedans la petite ville de Thiers où se voit en particulier cette curieuse et pittoresque Maison du Pirou, située lelong d’une rue montante et dont les pignons très accusés, les pentes raides des toitures font songer au climatrude et neigeux de la montagne; les croix de Saint-André de la façade largement dessinées en assurent lastabilité. Enfin, il faut remarquer le fort encorbellement du premier étage au-dessus de la boutique, encorbel-lement que soutiennent deux piliers polygonaux reposant sur des bases de pierre de profil gothique et qui formecomme une sorte de porche couvert, analogue à ce qu’ont pu nous montrer certaines maisons de pierre sur degrandes places de marché dans le Nord comme dans le Midi (Voir PI. LXIX).
PL C. — Mâcon. — Maison place Dombey.
Cette construction de bois d’un caractère assez rare est une des dernières aussi que nous rencontrionsen nous dirigeant vers le sud dans la vallée de la Saône et du Rhône. Ce n’est du reste qu’une partie de maison:toute une aile à droite en remontant la place aux Herbes est construite en pierre avec un escalier à vis nonsaillant. 11 faut noter aussi la disposition du toit qui est à peine incliné suivant les habitudes déjà presque méri-dionales de cette région, et qui fait une large saillie sur la construction. Quant au double pan de bois, il estd’une structure robuste, d’un travail précis et soigné comme de la menuiserie qui n’a que peu de rapport avec lesformules courantes; d’ailleurs, toutes les lignes y sont verticales ou horizontales et le hourdis est remplacé pardes panneaux de bois sculptés.
Le fenestrage largement ouvert jadis au premier comme au second étage comprenait des baies mul-tiples encadrées de meneaux qui sont sculptés avec une verve abondante et où parfois s’insinuent déjà des motifsde putti nus à l’italienne, parmi les monstres gothiques et les rinceaux de feuillage traditionnels. A l’intérieur,le premier étage a reçu actuellement des divisions modernes: on y voit encore cependant les maîtresses poutreset leurs supports grimaçants. La grande salle du second est au contraire restée intacte et présente même encoreune partie de son vieux carrelage. On ne connaît rien de l’histoire de cette maison que les noms de ses posses-seurs depuis un siècle. On la suppose élevée entre 1490 et i5io. Peut-être est-elle même plus tardive. Elle nousoffre en tous cas, avec un bel exemple de la persistance du style traditionnel, quelques indices du style nouveauqui va se propageant sous Louis XII et sous François I er .
Bibliographie : Lex : Les Maisons anciennes de Mâcon. La Maison de bois. Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des dépar-tements (1895), p. 402, (pl.).
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Fig. 46. — Maçon : Maison place Dombey. — Détail de la façade