HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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Fig. 41.
Le Mans: Maisons de i.a Grande RueN»» 11 et i 3
bourgeois du Mans, marchand de sel, qui fut échevin en 1494. Toutes deux furent réunies entre les mêmesmains au xvi e siècle dans la famille des Seigneur; puis, au xvu e siècle, la maison de la reine Bérengère réunie àla maison Renaissance qui porte aujourd’hui le n° 9 (Plan C), appartint à Jacques et Antoine Le Corvaisierde Courteilles, ce dernier bien connu pour son Histoire des Evêquesdu Mans et qualifié justement de père des historiens manceaux.
Elle passa ensuite par bien des mains, subit bien des aventures etdes mutilations jusqu’au jour où elle fut acquise en 1891 par unamateur intelligent, M. Ad. Singher, qui la fit restaurer et qui eutla singulière bonne fortune de pouvoir y replacer les statuettes debois de la façade qui en avaient été arrachées vers 1835. 11 y instal-lait dès 1892 la Société historique et archéologique du Maine , et ycréait un véritable musée, dont sa mort récente amènera peut-êtrela dispersion, sans compromettre toutefois, il faut l’espérer, la con-servation et l’intégrité de l’immeuble.
Le plan de la maison était très simple et très usuel. Ellecomprenait, sur un terrain assez étroit, deux pièces en profondeur àchaque étage, sauf au rez-de-chaussée qui formait sans doute uneseule grande salle de 4 m 8o de largeur sur 9 m 40 de profondeur;ailleurs les deux pièces se commandaient l’une l’autre et étaientséparées par une cloison de bois qui, fait très rare, a été conservée intacte au premier étage avec ses pans debois et ses panneaux à serviette d’une menuiserie très fine. C’est un document très précieux qui peut nousdonner l’idée de ce qu’étaient à l’origine ces séparations de pièces dont nous supposons l’existence, ou quenous trouvons remplacées par des séparations factices et modernes; chacune de ces pièces comportait unecheminée, mais celles qui se sont conservées ne présentent qu’un intérêt moyen. En arrière, se trouvaitl'escalier contenu dans une tourelle de pierre sur laquelle s’ajustait une aile formant au rez-de-chaussée uneélégante galerie voûtée; cette aile communiquait avec la maison voisine de la cour Pôté (voir le plan) etcomprenait au-dessus des appartements secondaires qui n’ont pas été conservés.
La façade surtout est intéressante pour sa disposition particulière et la qualité de son exécution.Elle comprend un rez-de-chaussée en pierre qui a été restauré : la grande fenêtre surtout est toutemoderne; la petite porte au contraire est presque intacte, ainsi que certaines parties de la voussure quisupporte, par une disposition très originale, le pan de bois du premier étage. Celui-ci est soigné comme unvéritable travail de menuiserie et si la restauration y a certainement laissé ses traces, si quelques parties,comme le couronnement de la fenêtre, en sont assez discutables, les arrangements de boiseries clouées derrièrela charpente et remplaçant le hourdis, les ouvertures en losange laissées à travers cette charpente et garniesde vitraux sont, pour leur principe tout au moins, originales. Enfin, la sculpture, avec ces quatre culs-de-lampe un peu tourmentés et ces statuettes trapues aux larges draperies d’une saveur presque bourguignonnequi, étant donnés leurs phylactères, représentent sans doute des prophètes, doit être considérée égalementcomme composée de morceaux anciens et d’une qualité fort rare. Au-dessus, les deux étages supérieurs,jusqu’au pignon aigu sont revêtus d’ardoise.
Bibliographie: Hucher : Congrès archéologique 1878. — Robert Triger: La Maison dite de la reine Bérengère au Mans(1892), (27 pl. ou dessins). Extrait de la Revue historique et archéologique du Maine. — Cette excellente monographie très complète,minutieuse et originale nous dispense de toute autre référence. On y trouvera du reste une abondante bibliographie et une liste detous les dessins, gravures ou photographies qui ont reproduit la maison.
Pl. XCI. — Rennes. — Maison, 1, rue Saint-Guillaume.
La tradition, un peu moins invraisemblable que dans le cas précédent, qui accole à cette maison lenom de Duguesclin n’est pas beaucoup plus fondée. C’est encore près de deux siècles après la mort duconnétable que la maison fut construite dans le voisinage immédiat de la cathédrale de Rennes, sur un terraintouchant l’enclos de l’Évêché; ce devait être la demeure des deux chapelains qui desservaient les chapelles deSaint-Michel et de Saint-Sébastien. C’est donc à la série des maisons canoniales qu’il faudrait plutôtrattacher cette construction (voir pl. XLV et LIV).
Les chapelains en prirent possession, parait-il, en 1 5 ^ 3 . Si cette date est exacte et n’est paslégèrement postérieure à l’achèvement du logis, celui-ci serait un remarquable exemple de la persistance des.
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