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HOTELS' ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
traditions médiévales dans un milieu privilégié, du reste, à cet égard, nous l’avons déjà remarqué à propos desconstructions de pierre. Le dessin des pans de bois, l’ornementation des potelets couverts d’écaille, les profilsdes consoles et des sablières restent absolument gothiques. A peine peut-on soupçonner à l’allure plusacadémique et plus molle des deux figurines de saints qui ornent le rez-de-chaussée et rappellent justementles patrons des deux chapelains, à l’introduction timide de rosaces un peu plus stylisées dans les écoinçonsdes portes, la date avancée dans le xvi e siècle, à laquelle nous arrivons.
La disposition du plan ne marque pas du reste davantage de modifications ou de progrès sur leshabitudes antérieures. La maison comprend un double logis desservi par un escalier à vis unique enclavéedans la construction et dans lequel deux portes à chaque étage commandent deux grandes pièces à cheminée.
Bibliographie : Orain: Rennes et ses environs (1904), p. 91-92, p. 55 (tig.).
PL XCII. — Saint-Brieuc. — Maisons rue Saint-Jacques.
Saint-Brieuc comme Rennes, plus que Rennes même, conserve un grand nombre de maisons de boisdu xv c siècle dans le vieux quartier voisin de la cathédrale et de la place du Martroy. Toutefois beaucoupd’entre elles, datées de 1570-1575, se sont adaptées au style de la Renaissance et nous les retrouverons plustard. Les plus anciennes sont dans la rue Saint-Jacques et peuvent remonter jusqu’à la fin du xv e siècle.Toutes ces maisons, malgré leur apparence un peu fruste et leur aspect actuel, plutôt sordide, devaient avoirété faites pour des familles nobles ou de grande bourgeoisie dont plusieurs portent encore les armes.Celle du n° 8 en particulier, que l’on voit sur notre planche au premier plan à droite, se présente assezcomplète encore avec ses boutiques munies de leur banc d’étal, encadrées dans des baies moulurées enpierre. Des consoles de bois, qui supportent une sablière très saillante au premier étage, sont garnies de figuresarmées, d’exécution un peu grosse, mais de caractère gothique très accusé ; au premier étage, on voit à la
même place des têtes saillantes et des grotesques dont onretrouve aussi des exemples au n°6.
Comme plan, cette maison du n° 8 est assez compliquée:longée sur le côté par une ruelle, elle présente sur cette facelatérale une tourelle d’escalier en pierre enclavée dans le bâti-ment et comporte plusieurs pièces en profondeur. En généraldu reste, les murs mitoyens offrent des maçonneries lourdementappareillées en granit. Au n° 12, on voit en arrière un escalier àvis dans une tourelle ronde qui fait saillie sur la cour.
PL XCIII et XCIV. — Morlaix. — Maison Pouliquenet maison dite de la reine Anne.
Encore une ville où abondent les vieilles maisons de boisaux soubassements de granit, aux revêtements d’ardoises, auxpignons étroits, aux encorbellements pittoresques. Des ruesentières sont encore bâties de cette sorte, certaines très étroites,comme la fameuse Venelle au Son, mais les plus remarquablesspécimens de l’architecture domestique de Morlaix sont cesmaisons dites à lanternes ou à ponts d’allée, dont les deuxspécimens les plus complets sont la maison Pouliquen au 14de la Grande Rue et la maison dite de la reine Anne, 33, ruedu Mur.
La maison Pouliquen, comme ses voisines de la GrandeRue (voir pl. XCIII) présente sur la rue un soubassementremarquablement conservé avec l’encadrement de sa boutiqueet de sa porte d’entrée. Le pan de bois, solidement construit,en est au contraire assez simple. Quant à la maison de la Reine Anne, récemment restaurée, elle nousmontre, sur une terrasse sans caractère, au-dessus des Halles, une belle façade avec de larges fenestrages
Fig. 42. — Morlaix : Maison de la Reine Anne
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