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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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Fig. 35. — Lisieux: Maison de la rue aux Fèvresn° 19. — Plan du rez-de-chaussée
PL LXXIV-LXXVII. — Lisieux. — Maisons, rue aux Fèvres, 19 et 21.
Les deux belles maisons de la rue aux Fèvres, dont l’une (n° 19) est connue sous le nom de Manoirde la Salamandre ou de François 7 er , appartiennent entièrement, au contraire, au premier quart du xv* siècleet, si le style gothique y prédomine largement, d’une part l’abondance extrême du décor sculpté, d’autre part
l’introduction dans ce décor de quelques motifs vaguement inspirésdu style italien témoignent de la date relativement avancée de leurédification.
La maison du n° 21, qui se présente la première à droitedans la pittoresque montée de la rue, nous paraît même à ce pointde vue légèrement plus avancée et conséquemment plus tardive; lapart faite à l’ornementation gothique y est plus restreinte et unecertaine régularité y apparaît qui manifeste clairement déjà le goûtde la Renaissance. Sa structure architecturale est du reste identique àcelle de la maison voisine; c’est le mur goutterot qui se présente surla rue, le terrain étant assez large pour avoir double boutique au rez-de-chaussée et double appartement au premier étage. Au secondétage, une seule grande pièce avec des réduits s’éclaire par unefenêtre centrale. Au-dessus se voit une belle lucarne dont la charpentede bois est en partie recouverte de tuiles imbriquées.
Au n° 19, la petite porte du rez-de-chaussée, sur le côté des boutiques, a encore conservé son accoladelargement ornée de feuillages et de figures grotesques; sous la console centrale, un singe sous un orangerservait probablement d’enseigne. Plus haut, on remarque les abouts des poutres décorées de masquesgrotesques ou de masques de feuilles; sur les consoles du premier étage, un homme sauvage avec un troncd’arbre, un Samson avec le lion, et un personnage nu à demi agenouillé, d’une anatomie singulière. Sous lesallèges des fenêtres et tout au long du bâtiment au-dessus de la sablière du rez-de-chaussée et du premier étage,une série de poutres entrecroisées, remplaçant les classiques croix de Saint-André, forment un quadrillage dontles vides sont remplis par des briques placées de champ. De même, les intervalles des poteaux et des poteletsdu premier étage sont remplis par des briques placées dans diverses positions.
Dans la cour où l’on pénètre aujourd’hui par la porte cochère du n° 21, on aperçoit encore les façadesen pans de bois du n° 19 et une belle lucarne surmontée d’un épi en terre cuite vernissée.
A l’intérieur, les aménagements modernes ont en partie détruit les disposi-tions anciennes. On accède notamment aux étages par un médiocre escalier placé surla façade de la rue. Cependant, au second étage, la grande pièce centrale qui s’éclairesur les deux façades offre encore, comme le montre notre planche LXXYI, unecurieuse cheminée à manteau ornée d’un bandeau sculpté et soutenue par deux mon-tants de pierre moulurée d’un très bon style. La maîtresse poutre qui traverse toute laconstruction reposant sur les deux poteaux médians est décorée de rinceaux sculptésavec des feuillages et des figures de monstres qui rappellent à la fois les décorationstraditionnelles des artisans du bois à l’époque gothique et les modèles nouveaux lancésdans la circulation par les ateliers franco-italiens comme celui de Gaillon.
Cette maison, qui fut jadis un logis important et cossu, était encore récem-ment occupée très médiocrement et la conservation en était chaque jour un peu plus compromise lorsqu’ellea été achetée tout récemment par la Société des Amis du Vieux Lisieux.
Fig. 36. — Maison de larue aux Fèvres, n° 19. —Plan du premier étage
Bibliographie : Voir le n° précédent et Verdier et Cattois : Architecture civile et domestique. T. II, p. 119 (pl.).
PL LXXVIII. — Rouen. — Maison, 74, rue Saint-Romain.
Rouen, plus encore peut-être qu’aucune des autres villes que nous venons de traverser, était jadis lapatrie par excellence des vieilles maisons de bois. Mais combien ont disparu au cours du xix e siècle, ou bienont vu leur charme et leur caractère altéré par des transports ou des restaurations successives! Tels le logisdes Abbesses de Saint-Amand dont les fragments sont actuellement au Musée des Antiquités, ou la maison deVAnnonciation, jadis rue Malpalu, actuellement dans le voisinage de l’église Saint-Maclou (voir l’introduction).Beaucoup d’ailleurs de ces maisons appartenaient au xvi e siècle et, dans un milieu aussi riche et aussi avancé