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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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que Rouen, n’avaient pas été sans faire des concessions au style à la mode. Nous les retrouverons quand nousétudierons la Renaissance franco-italienne de François I".
Parmi les plus anciennes de celles qui sont conservées et qui appartiennent nettement encore au stylegothique, il convient de citer l’Hôtel Caradas situé dans le bas quartier près du port, rue de la Savonnerie,ensemble compact et un peu confus avec encorbellements inquiétants surmonté par une tourelle pittoresque, oula vieille maison de la rue Saint-Romain qui s’appuie aux dépendances de la cathédrale. Dans un mode deconstruction moins parfait, car le soubassement de pierre manque et la charpente a joué, ces maisons rappellentde très près celles que nous avons rencontrées à Caen et à Bayeux. Elles semblent appartenir aussi à la pre-mière moitié du xv e siècle.
En voici une autre qui, située au 74 de la rue Saint-Romain, discrètement et intelligemment restauréeaujourd’hui par son propriétaire M. Georges Ruelle, architecte, se rapproche plutôt comme disposition de lamaison de l’Annonciation. On a cherché de plus en plus à ouvrir les façades et à faire pénétrer la lumièreabondamment dans la maison; chaque étage offre une série continue de baies à travers la charpente qui n’a plusde pleins que dans les allèges de ces fenêtres garnies encore de croix de Saint-André pour empêcher le rou-lement du pan de bois.
Une seule pièce avec un réduit forme le plan de l’étage, complété par un escalier sur la cour et unepetite aile en retour; au rez-de-chaussée, un couloir et une boutique avec, à gauche, un passage qui constitueune servitude et dessert un logis situé en arrière.
PL. LXXIX. — Rouen. — Maison, rue du Bac et rue des Fourchettes.
La maison dont nous reproduisons une partie et qui appartient à la même époque et au même syde construction que la précédente, offre un plan tout à fait élémentaire. Au-dessus de la boutique unepièce très éclairée à l’étage, avec enclave pour l’escalier et peut-être un réduitvers l’angle, qui se serait éclairé par la charmante petite fenêtre voisine dupoteau cornier (Voir notre plan).
Mais le détail de l’ornementation en bois qui a été fort heureusementconservé sous un revêtement de plâtre récemment enlevé est tout à fait exquis.
Le poteau d’angle du premier étage avec sa décoration flamboyante, la petitefenêtre voisine avec son volet qui a également gardé son ornementation, lapetite vierge en buste à mi-corps qui surmonte une colonnette à écaillesimbriquées, la forte moulure saillante de l’encorbellement avec les arcatureslégères qui la voilent en partie, et leurs délicieux culots ornés d’anges, enfinles impostes décorées de claires-voies flamboyantes, tout cela constitue unensemble vraiment de premier ordre comme composition et comme exécu-tion.
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Fig. 3t. — Rouen : Maison rue du Bac
Plan du premier étage
Bibliographie : Delaquèrière et Langlois : Description historique des Maisons de Rouen. Paris (1821-1841). — Viollet-le-Duc:Dictionnaire d’Architecture, T. VI, p. 268. — Enlart : Rouen (Villes d’Art célèbres), p. 126.
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PL LXXX. — Chartres. — Escalier dit de la Reine Berthe, 35, rue des Ecuyers.
Cet escalier dit de la Reine Berthe, par une fantaisie populaire, sans aucun fondement (la ReineBerthe, seconde femme du Roi Robert, vivait’au xi e siècle) est adossé à l’anciennemaison consulaire. C’est une disposition assez rare que celle de cette tourelled’escalier en pan de bois faisant saillie sur une maison de pierre. La vis del’escalier est à moitié engagée dans le corps de la maison et à moitié saillante enbascule au dessus de l’entrée. A l’intérieur la vis se développe aussi largementque dans un escalier de pierre desservant deux portes à chaque étage.
Les rampants apparents, moulurés et sculptés, en sont réunis par desmontants également décorés. Les consoles qui supportent la corniche sous lecomble sont décorées de statuettes de saints et d’anges; toute cette décorationsemble bien indiquer au moins les premières années du xvi e siècle.
Bibliographie: Abbé Clerval: Chartres, sa cathédrale et ses monuments ,Chartres (1896).— Congrès archéologique de France(igoo).
Fig. 38. — Chartres : Escalierde la reine Berthe
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