HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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ques, un couloir, suffisant pour le passage d’une voiture, mène à la cour sur laquelle s’élève un escalier à visen pierre et toute une façade de caractère gothique très pur, sauf dans le couronnement de la tourelle et dansles lucarnes qui paraissent avoir été ajoutées ou remaniées vers i 5 qo (Voir fig. 3 q). La date de 1541 se lisait,paraît-il, jadis sur cette partie de l’édifice où l’on retrouve un peu du style de l’Hôtel d’Ecoville.
Une autre façade en bois de même caractère que celle des Quatrans, mais plus modeste, se voit augq de la rue Saint-Jean. Quant aux célèbres maisons de la rue Saint-Pierre, 52 et 5 q, elles sont beaucoup plusornées à la manière flamboyante et d’ailleurs aujourd’hui restaurées de façon assez indiscrète.
Bibliographie : Arcisse de Caumont : Statistique monumentale du Calvados. — Beaurepaire : Caen illustré ( 1886), 4 0 . —Trébutien : Caen , son histoire , ses monuments, 3 lue édition, p. 246-247. — Prentout : Caen et Bayeux (Les Villes d’Art célèbres), p. 54 (fig.)— Serbat : Guide du Congrès archéologique de 1908, p. 124-125.
Nous devons le plan ci-joint à l’obligeance de M. Huard, architecte à Caen.
PI. LXXII. — Bayeux. — Maison, rue Saint-Martin et rue des Cuisiniers.
La ville de Bayeux comporte aussi une maison à façade en pans de bois qui formait jadis un véritablehôtel, avec une façade postérieure en pierre comme la maison des Quatrans de Caen. C’est la maison de la rueSaint-Malo, n° 4. Celle de la rue Bienvenue, n° 6, présente une façade très analogue, mais plus modeste etdestinée au logement de plus petites gens avec deux appartements à l’étage; elle n’a pas de façade postérieureen pierre.
La maison que nous reproduisons ici est d’un caractère plus simple et même assez archaïque encore:aussi, sans vouloir la vieillir outre mesure, peut-on la dater tout au moins de la première moitié du xv e siècle.
C’est une maison d’angle qui présente son mur goutterot sur une rue, son pignon sur l’autre. Ellecomporte un rez-de-chaussée en pierre avec de robustes colonnes trapues qui supportent les maîtresses poutresdes deux étages de pans de bois, et des consoles très saillantes permettant un fort encorbellement. Les assem-blages sont très simples et la décoration à peu près nulle. Quelques croix de Saint-André apparaissent çà et là,notamment sous les allèges des fenêtres. Le remplissage est fait en moellons.
Un mur de pierre en retrait, sur lequel s’appuie l’escalier à vis intérieur, réunit le principal corpsde logis à un second bâtiment de même style qui est desservi par cet escalier et qui se prolonge lui-mêmepar un troisième moins élevé constituant ainsi un ensemble des plus pittoresques.
Bibliographie : Serbat : Guide du Congrès archéologique de 1908. T. I, p. 180-181. — Prentout: Caen et Bayeux , p. 113-
114 (fig.).
Pl. LXXIII. — Lisieux. — Maison Plantefort.
Lisieux est une des villes de France les plus justement célèbres pour l’abondance et la qualité de laconservation de leurs vieilles maisons de bois. La Grande-Rue, la rue aux Lèvres, la rue de la Paix, la placeVictor-Hugo et celle de la Halle-au-Beurre en présentent encore des spécimens isolés ou des ensembles des pluspittoresques; quelques-unes très anciennes comme le Manoir Formeville , que nous avons mentionné et repro-duit dans notre introduction, d’autres très richement décorées, comme le Manoir de la Salamandre , que nousallons rencontrer bientôt, d’autres tardives enfin, régularisées sous l’influence classique et prolongeant lestraditions gothiques jusque vers le xvn e siècle, comme la Maison du Pharmacien sur la place Thiers.
Quelques transformations regrettables, quelques destructions même ont affecté dans les dernièresannées ces curieux monuments de l’habitation urbaine au Moyen âge. Il n’en est pas de plus déplorable quela disparition de cette maison connue sous le nom du cirier Plantefort qui l’occupait. Elle s’élevait à l’angle dela rue de Paradis et de la Grande-Rue et présentait sur cette dernière un grand pignon à auvent soutenu pardeux aisseliers courbes formant un arc en tiers point d’un très beau dessin. Une sorte de grande lucarneaveugle revêtue presque entièrement de tuiles imbriquées formait comme un autre pignon plus petit sur larue de Paradis. C’était un type très simple, très caractéristique, sans richesse d’ornementation ni qualité trèsparticulière, mais d’une très heureuse proportion et parmi ceux qu’on peut considérer comme les classiquesdu genre. Sans qu on ait aucun élément particulier pour en fixer la date, on pouvait cependant considérercette maison comme appartenant au milieu ou au troisième quart du xv e siècle.
Bibliographie : Abbé Marie : Notice sur la Cathédrale et sut les Maisons anciennes de Lisieux dans la NormandieMonumentale. — Serbat : Guide du Congrès archéologique de 1908 , p. 332-331 (pl.).