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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
PL. LXX. — Villefranche-de-Rouergue.— Maison, 2, rue de Lorraine.
L’espace manquait souvent dans ces plans géométriques pour les constructions plus luxueuses du xv'et du xvi' siècles. Les encorbellements y remédièrent, notamment dans une maison toute voisine de la grandeplace, mitoyenne avec celle de l’angle sud-ouest de cette place. Une haute tour qui contient l’escalier de cettemaison fait saillie sur la façade, elle est comme évidée seulement à la partie basse où se trouve la porte d’entréequi présente une disposition très originale et pittoresque. Une double voussure ornée de feuillages très découpésgarnit cet évidement. Des feuillages également d’un joli dessin naturaliste se développent au-dessous de l’allègede la première fenêtre de l’escalier dont le dessin général est très élégant. Cinq autres fenêtres éclairent cetescalier à vis terminé à l’intérieur par un motif d’amortissement très simple.
Un peu resserrée par le bas, la vis se développe ensuite régulièrement desservant, sauf au premier oùil n’y a qu’une porte, deux appartements symétriques à chaque étage.
Bibliographie : Enlart : Manuel d’Archéologie française, p. 138, (fig). — Le Rouergtie illustré , Rodez, E. Carrère, n° 4 (fig.).
CONSTRUCTIONS EN BOIS
PL LXXI. — Caen. — Maison des Quatrans, 31, rue de Geôle.
Cette maison, dont la façade sur la rue est un exemple très caractéristique de la construction despans de bois au Moyen âge et dont la façade postérieure est en pierre avec une belle tourelle d’escalier, est sans
doute de plus un des spécimens les plus anciens de ce genre deconstructions qui ait été conservé. Elle passe pour avoir appar-tenu à Jean Quatrans qui fut tabellion à Caen de i38o à i3ç)0.Suivant l’opinion de M. Prentout, si c’est bien les Quatrans quil’ont fait construire, elle serait au moins antérieure à 1417, datede la prise de Caen par les Anglais, à la suite de laquelle les Qua-trans émigrèrent et vendirent leurs biens.
La façade, du reste, pour être assez analogue dans saconstruction, dansses assemblages etdans sa décoration,qui est l’expressionmême de sa struc-ture, aux autres mai-sons de bois que l’onattribue au xv e siè-cle, est cependant
d’une remarquable simplicité, d’une belle et forte allure. Lastructure robuste du pan de bois, maintenu par des murslatéraux en pierre, n’a pas joué et garde une correction parfaite.
Les encorbellements sont assez minimes et la décoration,réduite à quelques consoles longues, plates et nues, à quelquessablières et à quelques potelets moulurés, est d’une sobriétéparfaite que nous allons voir peu à peu délaissée pour descombinaisons plus pittoresques et plus chargées. De larges etnombreuses fenêtres éclairent les appartements. Deux belleslucarnes couvertes d’un toit à double pente dominent le comble.
La maison comportait sans doute deux boutiques aurez-de-chaussée. Un large appui en pierre forme le soubasse-ment de la façade principale, au-dessus duquel de simples
poteaux réunis aujourd’hui par des maçonneries légères et Fig. 34. — c aen : Maison des Quatrans
modernes supportaient le premier étage. Entre les deux bouti- Façade sur la cour
Fig. 33. — Caen : Maison des QuatransPlan du rez-de-chaussée
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