HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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PL LXVII. — Périgueux. — Maison Cayla.
Le groupe de maisons que l’on désigne à Périgueux sous le nom de Maisons du bord de l'eau oude Maisons du quai , comprend trois constructions de dates différentes. Nous ne nous occuperons ici que decelle qui porte le n° 16, la maison Cayla, qui appartenait avant la Révolution à la famille de Fayolleet qui date du xv e siècle. La création du quai, il y a un demi-siècle, lui a du reste retiré, comme aux autreslogis de ce groupe, un intérêt de pittoresque considérable. Le pied des murailles, qui formaient le prolongementdu mur de ville, baignait jadis dans l’Isle et était ombragé par des arbres séculaires: le nouveau quai, qui adétruit dans le voisinage la tour Barbacanne, les a enterrées et en partie murées. Cette situation explique,pour la maison Cayla, la présence de ce chemin de ronde et de ces mâchicoulis qui, avec les lucarnes gothiquesassez bien conservées, font le plus bel ornement de cette façade; c’est un parti qui rappelle celui quenous avons noté au palais épiscopal d’Evreux. Au revers de ce bâtiment, sur l’étroite rue Port-de-Graules’ouvre une double cour avec deux escaliers à vis terminés par une haute tourelle qui semble avoir taitpartie également du système de défense.
Bibliographie : Congrès archéologique, 1858. — De Verneilh : Rapport sur la visite des anciennes maisons de Périgueux.— E. Gaucherel et J. de Verneilh : Le Vieux Périgueux (1867). Album de 20 eaux-fortes (la pl. XVIII donne l’état ancien decette maison Cayla avant la construction du quai).
PL LXVIII. — Périgueux. — Hôtel Saint-Aulaire.
L’hôtel Saint-Aulaire, qui s’élevait jadis sur la place du Greffe, a disparu vers 1860, pour lepercement de la rue Neuve. La cheminée qui est signalée en place lors du Congrès archéologique de 1 858 ,est déclarée disparue par de Verneilh en 1867. Elle a fort heureusement été conservée et remontée au muséedu Périgord où elle figure aujourd'hui. Son manteau offre un très beau spécimen de décoration flamboyanteque l’on appréciera d’après notre planche, sans qu’il soit besoin de le décrire. On y remarquera notammentles deux petits angelots revêtus d’armures complètes comme dans la miniature de Jean Fouquet pour lesstatuts de l’ordre Saint-Michel, et les vigoureux crochets de feuilles de chardon qui décorent les rampantsd’un vaste arc en accolade brochant sur l’ensemble de la composition.
Bibliographie : Gaucherel et de Verneilh : Le Vieux Périgueux. Pl. XX (vue de l’hôtel Saint-Aulaire avant sa démolition).
Pl. LXIX. — Villefranche-de-Rouergue. — Maison, place Notre-Dame.
Villefranche-de-Rouergue est une de ces villes ou bastides fondées au xin' siècle par la royautépour asseoir sa puissance dans les provinces du Midi nouvellement conquises. De création artificielle etet toute régulière, ses rues furent tracées perpendiculairement ou parallèlement à l’antique voie romaine deRodez à Cahors. Une place carrée fut réservée au centre où se tinrent les marchés. Les constructions quila bordèrent comportèrent dès l’origine des galeries, ou couverts, comme on en voit encore, surtout dans leMidi, autour de nombreuses places analogues, à Alontauban, à l’Isle-sur-Tarn, par exemple.
Les constructions de la place Notre-Dame et des rues avoisinantes furent en grande partie refaitesou embellies dans un moment de prospérité, vers la fin du xv' siècle et au début du xvi e . Ces maisonsde la place, dont l’une au moins a gardé une belle cour de la Renaissance (voir vol. Il), avaient leur entréesous les arcades. Un passage conduisait dans une courette sur laquelle s’ouvrait généralement l’escalier ets’éclairaient les pièces d’arrière des appartements, doubles en profondeur. Ceux du devant prenaient joursur la place, comme on le voit sur cette jolie façade conservée, au moyen de triples fenêtres à meneaux,décorées de moulures gothiques et de bâtons noueux. On a là un excellent exemple de fenestrage gothique, destyle très pur et très simple, bien que datant fort probablement du xvi* siècle et dont nous retrouverons deséquivalents comme disposition dans les façades des maisons de bois. Le système de la décoration par lesbâtons garnis de nœuds se retrouve fréquemment dans la région, à Cahors notamment.
Bibliographie : A. Curie-Seimbres : Essai sur les villes fondées dans le Sud-Ouest de la France aux xuF et xiy" siècles.Toulouse (1880). — Le Rouergue illustré , Rodez, E. Carrère, n° 4 (fig.).