HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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l’ornementation de la porte d’escalier; celle-ci est surmontée d’un arc en accolade richement décoré et d’unefenêtre qui éclaire la montée. Au n° 9 les galeries offrent deux arcs par étage séparés par un pilier qui, aurez-de-chaussée, porte une niche assez compliquée et une statue moderne.
Les deux escaliers sont des vis dont le noyau en forme de torsade enroule sa spirale jusqu’ausommet; ils se terminent par des voûtes à nervures. Dans l’un comme dans l’autre, du reste, au-dessus decette voûte de terminaison est une chambre ou logette, où l’on parvient par un petit escalier accolé latéralementet sur le sens de laquelle on a beaucoup discuté. Cela parait bien être du reste une loge de guetteur d’oùl’on pouvait, mieux qu’en aucun point des rues étroites, surveiller tout le quartier et donner l’alarme en casde danger, d’incendie par exemple. Ces sortes de belvédère dont on trouve encore pas mal d’exemples àLyon dans la vieille ville au bas de Fourvière et même dans ce qui reste des anciennes maisons d’entre laSaône et le Rhône (18, rue Lainerie, par exemple) étaient même garnis très souvent de meurtrières et decrénelages qui ne paraissent nullement de simples motifs décoratifs.
Bibliographie: P. Martin: Recherches sur l’architecture... dans les maisons du Moyen âge et de la Renaissance à LyonParis (1855), 4 0 pl. I., texte p. 1 et 2. — F. Lacroix : Congrès archéologique (1899). — C. Jamot : Inventaire général du Vieux Lyon(1906), p. 11-16 et47-5o.
PL LIX. — Romans. — Maison, 4 rue des Trois-Carreaux.
Dans le voisinage de l’église abbatiale de Saint-Barnard et peut-être parmi les dépendances del’ancienne abbaye figure un grand logis occupé aujourd’hui par divers négoces; il présente en arrière sur larue Merlin un grand bâtiment avec quelques fenêtres du
xv e siècle; en avant, vers l’église, sur la rue des Trois-Carreaux,une cour étroite s’ouvre par une porte fortifiée dont la partie'basse a été refaite au xvn e siècle. Au fond de cette cour, sevoit encore un joli escalier terminé par une chambre de guet,et donnant à chaque étage sur une galerie aujourd’hui murée,d’une disposition analogue à celle des maisons de Dijon et deLyon. Mais la partie la plus élégante et la plus originale estcertainement le départ que donne notre planche avec ses baieslargement ouvertes en anses de paniers, garnies au premierétage de balustrades flamboyantes d’un dessin très pur.
Un autre escalier du même genre, avec galerie, se voità Romans, 7, rue Mathieu de la Drôme, mais les baies autresque celles d’accès y sont remplacées par de véritables fenêtresà meneaux.
Pl. LX. — Arles. — Ancien collège de Laval.
Le bâtiment qui contient aujourd’hui le xMuseon Arla-ten, fondé par Frédéric Mistral en 1896 et transféré ici depuispeu, abritait précédemment le collège municipal qui avaitsuccédé lui-même au collège des Jésuites. C’était primitivementune demeure noble connue sous le nom d 'Hôtel de Laval etconstruite à la fin du xv e siècle sur l’emplacement d’une an-cienne basilique romaine en partie déblayée aujourd’hui.
C’est un type excellent de cette architecture gothiqueméridionale, beaucoup plus rude, plus simple et moins fleurieque celle du centre et du Nord de la France, dont on voitencore quelques traces à Avignon et à Pernes, ou à Arles même,dans le bâtiment du grand prieuré des Hospitaliers de Saint-Gilles construit sur les bords du Rhône.
Fig. 3o. — Arles : Hôtel de LavalFaçade sur la rue Balze
La façade, aujourd’hui secondaire, sur la rue Balze, où se trouvait jadis la grande entrée (voir fig. 3 o)