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1 (1910)
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

Notre-Dame, pour lintérieur, quen passant par un immeuble de la rue Musette, occupé par une grande épicerie.

Un couloir sans intérêt fait communiquer la cour avec la rue; un autre couloir voûté sur croiséesdogives mène à la deuxième cour à travers une porte très abondamment décorée (voir figure 29). Cest

sur ce couloir de dégagement que souvre la première pièce durez-de-chaussée également voûtée dogives et qui devait servirde cuisine. Une salle voûtée fait suite, avec une cheminéedassez belle proportion; elle est éclairée par une large fenêtreà meneaux. Mêmes dispositions au premier étage : deux piècesdinégales dimensions, dégagées chacune cette fois par unpassage en encorbellement sur la cour et par un escalier qui setrouve, soit avant, soit après ce passage.

Ces passages dont lun est modernisé, dont lautre aucontraire, celui qui touche au grand escalier, est contenu dansune jolie galerie ou coursière en bois, sont tout à fait typiquesdes habitudes de larchitecture domestique de ce temps. Nousles avons trouvés à Tours et allons les retrouver à Lyon, demême que cet important escalier à vis qui forme comme le centreet le noyau de lhabitation. Ce dernier est ici dune élégance etdune robustesse toute particulière; on remarque le partidévidement qui laisse apparaître au jour sur la cour deux deses révolutions inférieures garnies seulement de balustradesflamboyantes; on admire surtout son couronnement pittoresqueformé par une figure dhomme qui porte sur lépaule unecorbeille d partent comme autant de rameaux les huit ner-vures principales de la voûte et les huit bernes intercalées quise ramifient pour rejoindre les mêmes points dappui que lesnervures.

Des combinaisons analogues dogives et de bernesavec clefs pendantes se voient à la voûte de loratoire lon retrouve un peu le système des voûtes compli-quées de la chapelle de lhôtel de Cluny à Paris, de même du reste que la disposition de cet oratoire formantaile sur la cour postérieure, rappelle aussi le plan même de lédifice parisien.

Toutefois lensemble de la décoration, notamment dans la lucarne et la fenêtre quelle surmonte, aquelque chose de robuste et de puissant se décèle le caractère général de lart bourguignon et se marquepeut-être aussi une date légèrement moins avancée que celle de lhôtel de Cluny.

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Fig. 29. Dijon : Hôtel ChambellanEntrée du passage vers la seconde cour

Bibliographie: Voyages pittoresques en Bourgogne par Maillart de Chambure (1833), 35 fol. (Lithographie). BaronTaylor : Dijon et ses monuments , Paris, Didot (1862) (Plan et lithographie). Clément-Janin : Les Vieilles maisons de Dijon (1890),p. 37. Chabeuf : Dijon, Monuments et souvenirs. Verdier et Cattois : Architecture civile et domestique , t. II, p. m (pl.).

PL LVII et LVIII. Lyon. Maisons 9 et 11, rue Saint-Jean.

Les vieilles rues qui serpentent à Lyon au bas de la colline de Fourvière contiennent encorenombre de maisons qui furent jadis des habitations somptueuses de marchands et de financiers et qui, toutesdéchues quelles sont, ont encore gardé maintes traces de leur structure architecturale et de leur décordautrefois. Parmi les plus anciennes et les plus illustres figure YHôtel de la famille italienne de Gadagne quiétait établie à Lyon à la fin du xv e siècle. L 'Hôtel du Gouverneur , sur la place du Change, présente aussi desparties fort intéressantes, mais aucun ensemble ne nous a paru aussi typique que ces deux cours de maisonsparticulières de la rue Saint-Jean, voisines de la place du Change et dont lune (n° 11) servait, dit-on,dhôpital pour les personnes attachées à la maison du Gouverneur.

Les façades sur la rue noffrent plus rien dintéressant; celles de la cour ont souffert également, maisles deux escaliers et les galeries qui font communiquer, par une disposition très élégante et très pratique,le corps de logis qui contient lescalier avec celui qui nen a pas, sont des morceaux darchitecture savante,précieuse et sobre à la fois.

Au n° 11 (pl. LVII) larc qui supporte la galerie est dune seule venue au rez-de-chaussée avec deuxnervures hardiment jetées qui se coupent diagonalement et viennent confondre leurs culs-de-lampe dans