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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
Notre-Dame, pour l’intérieur, qu’en passant par un immeuble de la rue Musette, occupé par une grande épicerie.
Un couloir sans intérêt fait communiquer la cour avec la rue; un autre couloir voûté sur croiséesd’ogives mène à la deuxième cour à travers une porte très abondamment décorée (voir figure 29). C’est
sur ce couloir de dégagement que s’ouvre la première pièce durez-de-chaussée également voûtée d’ogives et qui devait servirde cuisine. Une salle voûtée fait suite, avec une cheminéed’assez belle proportion; elle est éclairée par une large fenêtreà meneaux. Mêmes dispositions au premier étage : deux piècesd’inégales dimensions, dégagées chacune cette fois par unpassage en encorbellement sur la cour et par un escalier qui setrouve, soit avant, soit après ce passage.
Ces passages dont l’un est modernisé, dont l’autre aucontraire, celui qui touche au grand escalier, est contenu dansune jolie galerie ou coursière en bois, sont tout à fait typiquesdes habitudes de l’architecture domestique de ce temps. Nousles avons trouvés à Tours et allons les retrouver à Lyon, demême que cet important escalier à vis qui forme comme le centreet le noyau de l’habitation. Ce dernier est ici d’une élégance etd’une robustesse toute particulière; on remarque le partid’évidement qui laisse apparaître au jour sur la cour deux deses révolutions inférieures garnies seulement de balustradesflamboyantes; on admire surtout son couronnement pittoresqueformé par une figure d’homme qui porte sur l’épaule unecorbeille d’où partent comme autant de rameaux les huit ner-vures principales de la voûte et les huit bernes intercalées quise ramifient pour rejoindre les mêmes points d’appui que lesnervures.
Des combinaisons analogues d’ogives et de bernesavec clefs pendantes se voient à la voûte de l’oratoire où l’on retrouve un peu le système des voûtes compli-quées de la chapelle de l’hôtel de Cluny à Paris, de même du reste que la disposition de cet oratoire formantaile sur la cour postérieure, rappelle aussi le plan même de l’édifice parisien.
Toutefois l’ensemble de la décoration, notamment dans la lucarne et la fenêtre qu’elle surmonte, aquelque chose de robuste et de puissant où se décèle le caractère général de l’art bourguignon et où se marquepeut-être aussi une date légèrement moins avancée que celle de l’hôtel de Cluny.
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Fig. 29. — Dijon : Hôtel ChambellanEntrée du passage vers la seconde cour
Bibliographie: Voyages pittoresques en Bourgogne par Maillart de Chambure (1833), 35 fol. (Lithographie). — BaronTaylor : Dijon et ses monuments , Paris, Didot (1862) (Plan et lithographie). — Clément-Janin : Les Vieilles maisons de Dijon (1890),p. 37. — Chabeuf : Dijon, Monuments et souvenirs. — Verdier et Cattois : Architecture civile et domestique , t. II, p. m (pl.).
PL LVII et LVIII. — Lyon. — Maisons 9 et 11, rue Saint-Jean.
Les vieilles rues qui serpentent à Lyon au bas de la colline de Fourvière contiennent encorenombre de maisons qui furent jadis des habitations somptueuses de marchands et de financiers et qui, toutesdéchues qu’elles sont, ont encore gardé maintes traces de leur structure architecturale et de leur décord’autrefois. Parmi les plus anciennes et les plus illustres figure YHôtel de la famille italienne de Gadagne quiétait établie à Lyon à la fin du xv e siècle. L 'Hôtel du Gouverneur , sur la place du Change, présente aussi desparties fort intéressantes, mais aucun ensemble ne nous a paru aussi typique que ces deux cours de maisonsparticulières de la rue Saint-Jean, voisines de la place du Change et dont l’une (n° 11) servait, dit-on,d’hôpital pour les personnes attachées à la maison du Gouverneur.
Les façades sur la rue n’offrent plus rien d’intéressant; celles de la cour ont souffert également, maisles deux escaliers et les galeries qui font communiquer, par une disposition très élégante et très pratique,le corps de logis qui contient l’escalier avec celui qui n’en a pas, sont des morceaux d’architecture savante,précieuse et sobre à la fois.
Au n° 11 (pl. LVII) l’arc qui supporte la galerie est d’une seule venue au rez-de-chaussée avec deuxnervures hardiment jetées qui se coupent diagonalement et viennent confondre leurs culs-de-lampe dans