HOTELS ET MAISONS I)E LA RENAISSANCE
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est d’une rudesse toute particulière qui rappelle l’allure de certains palais du Moyen âge italien. Pas uneouverture au rez-de-chaussée, pas une sculpture autour des fenêtres du premier étage; au-dessus du secondétage une rangée de corbeaux réunis par des linteaux moulurés et coupés de gargouilles supporte unparapet non crénelé. On retrouve du reste ce système de décoration d’allure défensive sur la cour. De ce côtéles baies sont plus nombreuses, mais tout aussi simples, elles sont ornées de croisillons et la partie hauteen est encadrée d'un cordon mouluré qui se prolonge de fenêtre en fenêtre; la tourelle d’escalier hexagonaleelle-même est très nue. L’absence de comble et de lucarnes aggrave l’impression de sécheresse et de froideurqui se dégage de l’ensemble.
L’aménagement de l’intérieur a été plusieurs fois modifié et ne comprend plus guère aujourd’hui quele gros œuvre; une partie des bâtiments qui entoure la cour a été ajoutée à l’époque moderne.
Bibliographie: Roger Peyre: Nîmes, Arles , Orange (1903) (Villes d’art célèbres ), p. 105-107, (fig.). — Labande :Congrès archéologique (1910), t. I, p. 234.
PL LXI. — Rodez. — Maison, 2 rue Penavayre.
Cette maison située dans le voisinage de la cathédrale était autrefois occupée par un des chanoines.
Un terrier de la fin du xvn e siècle conservé aux archives de Rodez nous apprend qu’elle appartenait alors auchanoine Jouéri et dépendait de la chapellenie de Montait. D’après le même document, l’origine de la maison
remonterait à 1439 et le chapelain de Montait aurait eu pour la construireet l’appuyer au mur de ville qui subsiste encore, des difficultés avec lesconsuls de Rodez. Une transaction intervint moyennant une redevance ( s
annuelle.
Le corps de logis au fond de la cour, bien qu’il n’offrepresque plus aucun caractère aujourd’hui, date peut-être, ainsi quel’escalier à vis, placé dans l’angle gauche, de la construction primitive.
L’aile qui forme le côté gauche de la cour a sans doute été ajoutéeou du moins remaniée postérieurement; car certains éléments classiquesapparaissent déjà dans la structure presque toute gothique des fenêtresqui indiquent le xvi e siècle ; cette aile qui comprend au rez-de-chausséedeux travées voûtées sur croisées d’ogives et jadis sans doute ajouréespar deux arcades, constituait simplement une sorte de galerie peuprofonde. Elle communiquait au premier étage avec le passage ouchemin de ronde qui surmontait le mur de clôture et comportait deuxbalcons demi-circulaires en encorbellement, à droite et à gauche de l’entrée. C’est peut-être cette dernièrepartie qui est la plus originale et la mieux conservée de l’ensemble.
Malgré son caractère archaïque et un peu fruste, malgré son apparente fortification, cette constructionpourrait bien du reste toute entière ne dater que du début du xvi e siècle ainsi que le puits que l’on voit dansla cour et dont la margelle polygonale est ornée de bourdons de pèlerin.
L’emploi des mêmes matériaux, une pierre rougeâtre assez friable et des dispositions analogues :passage de circulation à l’air libre, avec encorbellement d’un profil très voisin de celui du mur de clôture de lamaison canoniale de la rue Penavayre, se retrouvent dans la cour d’une maison située en arrière de lacathédrale, maison canoniale sans doute aussi, qui semble bien appartenir à la même époque et aux mêmesconstructeurs; elle est désignée sous le nom d’hôtel d’Estaing.
Bibliographie : Trapaud de Colombe : Congrès de la Société Française d’Archéologie (1863), et Mémoires de la Société desLettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, 1859-1867, Rodez (1867). — Le Rouergue illustré , Rodez, E. Carrère n" 1 (fig.). — Le puits a étéreproduit dans le Manuel d’Archéologie Française de C. Eulart, t. III, p. 98.
Nous sommes redevables de l’indication du texte cité dans la note ci-dessus et du plan qui y est reproduit à l’obligeancede M. Angles, bibliothécaire de la ville de Rodez.
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— Rodez: Maison rue PenavayrePlan du rez-de-chaussée
Fig. 3i