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1 (1910)
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M:738

HOTELS ET MAISONS DE LA KENAISSANCE

2 I

la réputation de surcharge et de richesse excessive du style flamboyant. Par contre, les voûtes de la chapelleavec leurs nervures multipliées sont dune complication très typique; les grandes niches, vides aujourdhui,contenaient jadis, au dire de Piganiol de la Force, des figurations de personnages de la famille dAmboise.Les culs-de-lampes seuls, garnis dadmirables feuillages, en subsistent aujourdhui; le reste de la décorationa disparu également, et tout ce qui se voit dans lhôtel en fait de cheminées, mobilier, etc..., nest quemorceaux rapportés ou restitutions modernes.

Bibliographie : E. du Sommerard : Le Palais des Thermes et l'Hôtel de Cluny. (Notice imprimée en tête des diverses éditionsdu catalogue du Musée de Cluny). De Guilhermy : Itinéraire archéologique de Paris (1855), p. 348-550. Ch. Normand : lHôtel deCluny , Paris (1888), in-4 0 (pl.).

PL XLV. Beauvais. Maison canoniale, 14, rue de lAbbé-Gellée.

Il existe le plus souvent, autour de nos cathédrales, des séries de maisons qui étaient jadisoccupées par les chanoines du chapitre et qui, souvent, cétait le cas en particulier à Beauvais, apparte-naient en toute propriété au chapitre lui-même; celui-ci en disposait à son gré, les faisait visiter et

réparer, et en cédait la jouissance aux chanoines, moyennant une somme dargent déterminée par voiedenchère, mais seulement pour le temps de leur existence canoniale. Des difficultés survenues dans

lapplication de ce régime, qui durait depuis le xi* siècle, le firent modifier vers le milieu du xvi e et un

certain nombre de maisons purent être dès lors aliénées. Dautre part, la Révolution donna aux chanoinesqui occupaient ces maisons la faculté den disposer librement; elles nont jamais fait retour au chapitre.Fdles subsistent encore cependant presque toutes, groupées dans les rues qui avoisinent la cathédrale,la rue du cloître Saint-Pierre (aujourdhui rue de lAbbé-Gellée), la rue de la Belle-Image, la rue Sainte-Véronique (aujourdhui rue Philippe-de;Beaumanoir).

Le chanoine de Nully, au xvm* siècle, avait, en un ouvrage manuscrit qui a été publié, dresséun tableau de ces diverses maisons et de leurs possesseurs. Celle qui nous occupe était appelée la maisondu Chantre dans les registres du chapitre. Il en est question dès 1468; elle est occupée alors parMessire Jean Mortis. Après plusieurs autres possesseurs, elle passa en i5io entre les mains de MessireNicolas dArgillières, dont les armes se voient sur le joli porche que nous reproduisons ici.

Le corps de logis principal sappuyait comme tous ceux des maisons canoniales de la même rue,notamment la maison voisine, dite de la Belle-Image , sur la terrasse dun mur de ville qui domine larue de lEvêché actuelle. Le gros œuvre paraît appartenir au moins au xv e siècle; quelques fenêtres àmeneaux couronnées darcs en accolade ont été conservées ou restituées; mais les distributions intérieuresont été modifiées au xvm' siècle. On peut noter cependant comme ancienne la disposition des deux ailesqui encadrent la cour et dont lune présente sur la rue deux baies en arc surbaissé portant les armes deFrance et du chapitre. Un oratoire est placé dans langle droit de la cour et séclaire par une fenêtre en arcbrisé garnie de meneaux flamboyants sous un pignon en pan de bois assez inattendu; enfin surtout, onremarquera le gracieùx petit porche ajouté sous Louis XII au-devant dun double escalier qui dessert cetoratoire, dune part, et de lautre les pièces principales du logis. Lidée en est fort originale et rare et ladécoration, presque toute gothique encore, des deux baies, des pinacles, de la petite fenêtre et de la crêtequi couronne le porche (elle a été refaite du reste lors des restaurations exécutées avant 1870 par M. Capron-nier), indique bien que nous avons encore ici lœuvre dun maître dœuvre local desprit traditionnel. Onremarquera toutefois dans la composition du pinacle dangle, lintroduction dun panneau à arabesquesitaliennes qui témoigne des concessions déjà consenties à la mode du jour.

Parmi les autres maisons canoniales intéressantes de Beauvais, nous signalerons surtout celle quise trouve au n° 12 de la rue Philippe-de-Beaumanoir et dont lescalier conduisant aux appartements étaitcontenu dans une tourelle saillante, dun très joli dessin.

Bibliographie : Abbé Deladreue : Les Maisons canoniales du Chapitre de Beauvais et leurs possesseurs , Beauvais (1870).Abbé Pihan : Beauvais, sa cathédrale et ses principaux monuments (1885). Congrès archéologique de France (1905). p. 30.

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