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HOTELS ET MAISONS DE LA KENAISSANCE
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la réputation de surcharge et de richesse excessive du style flamboyant. Par contre, les voûtes de la chapelleavec leurs nervures multipliées sont d’une complication très typique; les grandes niches, vides aujourd’hui,contenaient jadis, au dire de Piganiol de la Force, des figurations de personnages de la famille d’Amboise.Les culs-de-lampes seuls, garnis d’admirables feuillages, en subsistent aujourd’hui; le reste de la décorationa disparu également, et tout ce qui se voit dans l’hôtel en fait de cheminées, mobilier, etc..., n’est quemorceaux rapportés ou restitutions modernes.
Bibliographie : E. du Sommerard : Le Palais des Thermes et l'Hôtel de Cluny. (Notice imprimée en tête des diverses éditionsdu catalogue du Musée de Cluny). — De Guilhermy : Itinéraire archéologique de Paris (1855), p. 348-550. — Ch. Normand : l’Hôtel deCluny , Paris (1888), in-4 0 (pl.).
PL XLV. — Beauvais. — Maison canoniale, 14, rue de l’Abbé-Gellée.
Il existe le plus souvent, autour de nos cathédrales, des séries de maisons qui étaient jadisoccupées par les chanoines du chapitre et qui, souvent, c’était le cas en particulier à Beauvais, apparte-naient en toute propriété au chapitre lui-même; celui-ci en disposait à son gré, les faisait visiter et
réparer, et en cédait la jouissance aux chanoines, moyennant une somme d’argent déterminée par voied’enchère, mais seulement pour le temps de leur existence canoniale. Des difficultés survenues dans
l’application de ce régime, qui durait depuis le xi* siècle, le firent modifier vers le milieu du xvi e et un
certain nombre de maisons purent être dès lors aliénées. D’autre part, la Révolution donna aux chanoinesqui occupaient ces maisons la faculté d’en disposer librement; elles n’ont jamais fait retour au chapitre.Fdles subsistent encore cependant presque toutes, groupées dans les rues qui avoisinent la cathédrale,la rue du cloître Saint-Pierre (aujourd’hui rue de l’Abbé-Gellée), la rue de la Belle-Image, la rue Sainte-Véronique (aujourd’hui rue Philippe-de;Beaumanoir).
Le chanoine de Nully, au xvm* siècle, avait, en un ouvrage manuscrit qui a été publié, dresséun tableau de ces diverses maisons et de leurs possesseurs. Celle qui nous occupe était appelée la maisondu Chantre dans les registres du chapitre. Il en est question dès 1468; elle est occupée alors parMessire Jean Mortis. Après plusieurs autres possesseurs, elle passa en i5io entre les mains de MessireNicolas d’Argillières, dont les armes se voient sur le joli porche que nous reproduisons ici.
Le corps de logis principal s’appuyait comme tous ceux des maisons canoniales de la même rue,notamment la maison voisine, dite de la Belle-Image , sur la terrasse d’un mur de ville qui domine larue de l’Evêché actuelle. Le gros œuvre paraît appartenir au moins au xv e siècle; quelques fenêtres àmeneaux couronnées d’arcs en accolade ont été conservées ou restituées; mais les distributions intérieuresont été modifiées au xvm' siècle. On peut noter cependant comme ancienne la disposition des deux ailesqui encadrent la cour et dont l’une présente sur la rue deux baies en arc surbaissé portant les armes deFrance et du chapitre. Un oratoire est placé dans l’angle droit de la cour et s’éclaire par une fenêtre en arcbrisé garnie de meneaux flamboyants sous un pignon en pan de bois assez inattendu; enfin surtout, onremarquera le gracieùx petit porche ajouté sous Louis XII au-devant d’un double escalier qui dessert cetoratoire, d’une part, et de l’autre les pièces principales du logis. L’idée en est fort originale et rare et ladécoration, presque toute gothique encore, des deux baies, des pinacles, de la petite fenêtre et de la crêtequi couronne le porche (elle a été refaite du reste lors des restaurations exécutées avant 1870 par M. Capron-nier), indique bien que nous avons encore ici l’œuvre d’un maître d’œuvre local d’esprit traditionnel. Onremarquera toutefois dans la composition du pinacle d’angle, l’introduction d’un panneau à arabesquesitaliennes qui témoigne des concessions déjà consenties à la mode du jour.
Parmi les autres maisons canoniales intéressantes de Beauvais, nous signalerons surtout celle quise trouve au n° 12 de la rue Philippe-de-Beaumanoir et dont l’escalier conduisant aux appartements étaitcontenu dans une tourelle saillante, d’un très joli dessin.
Bibliographie : Abbé Deladreue : Les Maisons canoniales du Chapitre de Beauvais et leurs possesseurs , Beauvais (1870). —Abbé Pihan : Beauvais, sa cathédrale et ses principaux monuments (1885). — Congrès archéologique de France (1905). p. 30.
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