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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
d’Amboise qui la termina, à partir de 1490. Certains détails que l’on peut relever dans quelques partiesaccessoires semblent prouver que l’œuvre ne fut achevée qu’après i5oo : dans les lucarnes, notamment,on aperçoit comme un reflet de l’art de la Renaissance, bien que l’ensemble reste encore assez stricte-ment gothique et traditionnel.
Les abbés de Cluny restèrent propriétaires de l’immeuble jusqu’à la fin de l’ancien régime; mais deshôtes illustres l’occupèrent, comme la veuve de Louis XII, Marie d’Angleterre ; Jacques VI, roi d’Ecosse,y épousa la fille de François I er en i536; le cardinal de Lorraine et le duc de Guise, puis les noncesdu pape y habitèrent. Vendus à la Révolution, les bâtiments reçurent heureusement dès 1833 l’affectationque nous avons dite. Ils furent peu à peu débarrassés des adjonctions parasites qui s’y étaient installéesou greffées. Une restauration importante y fut entreprise en particulier à partir de 1844 par les soins del’architecte Albert Lenoir.
Élevé sur des fondations romaines et appuyé sur les ruines qui abritaient ses dépendances, l’hôtelcomprenait essentiellement un grand corps de logis, séparé de la rue par une cour, fermée elle-même parun mur crénelé. Celui-ci a été restitué ainsi que la décoration de la double porte qui y est ouverte (voirfig. 19). Le corps de logis principal prend jour en arrière sur un jardin, assez étroit à l’origine, qui a étéfort amplifié par les dégagements modernes.
La cour antérieure est bordéeà droite et à gauche par deux ailesinégales, à peu près perpendiculairesau corps principal, dont l’une formegalerie ouverte au rez-de-chaussée(voir pl. XLIII) et fermée au premierétage; elle est prolongée elle-mêmele long du mur de clôture par unepetite aile en retour qui sert de con-ciergerie. Vers le jardin se détacheune autre aile qui contient la cha-pelle C et dont le rez-de-chausséeajouré faisait communiquer le jardinavec une cour de service D, enclavéedans les anciennes constructionsromaines, desservant notamment unegrande salle H de construction an-cienne qui servait peut-être de com-muns ou d’écuries.
Les appartements étaientdisposés en enfilade dans le corpsprincipal simple en profondeur etéclairés sur les deux faces. Maisun ingénieux système d’escaliers disposés dans des tourelles d’angle les desservait de façon à empêcherles principales pièces de se commander l’une l’autre. Ainsi on accédait directement à la chapelle par unescalier ajouré, d’une composition très gracieuse, qui, avec un autre arrangement, fait songer à celuide la chapelle Jacques Cœur, à Bourges; l’appartement de l’aile B avait son escalier spécial, de même lagalerie G et le petit appartement qui la termine. Enfin, les grandes salles étaient desservies par l’escalierd’honneur placé au milieu de la façade dans une grande tourelle à pans, qui rappelle également lesconstructions analogues de Bourges.
Le couronnement de cette tourelle, refait à plusieurs reprises, devait comprendre autrefois, au lieud’une simple terrasse, une poivrière en charpente couverte d’ardoises, comme à Bourges. La décoration desmurailles est plus sobre et, à part une niche au dais gracieusement découpé, on n’y voit guère que lescoquilles et les bourdons emblématiques de Jacques d’Amboise.
Dans la façade principale, le nombre des fenêtres a été augmenté, la balustrade et une partie deslucarnes refaites; mais la sculpture de la corniche et quelques gargouilles offrent encore des exemplesassez bien conservés et sincères de la sculpture décorative, grasse et pittoresque de l’époque. Les baies etarcades dans la galerie de l’aile gauche notamment et le vestibule de la chapelle sont d’un très joli et trèssobre dessin. Toute la façade postérieure, du reste, est d’une simplicité un peu nue, qui s’accorde mal avec
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COUR
Fig. 20. — Paris: Hôtei. de Cluny. — Plan du rez-de-chaussée