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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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PL XLVI. — Amiens. — Ancien Bailliage, rue de la Malmaison.
Les restes de cet édifice, qui était le siège du tribunal du bailli royal, sont assez difficilement visiblesaujourd’hui dans une courette du Magasin des Pompes de la Ville d’Amiens, et il est assez malaiséégalement de se rendre compte de ce que pouvait être jadis le bâtiment dans son intégrité. Nous n’aurionspas matière du reste, étant donnée sa destination spéciale, à y chercher aucun renseignement sur lesdispositions de l’habitation au xvi e siècle. Mais nous y trouvons un très joli type de fenêtre et de lucarneà meneau cruciforme qui offre de plus l’intérêt, au point de vue historique, de porter une date, celle de 041,inscrite sous une des figures d’angelots de la façade. Nous aurions là, s’il faut en croire cette date, un
Fig. 2i. — Amiens: Frise de l’ancien Bailliage
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des types les plus tardifs que l’on puisse rencontrer dans l’architecture civile du développement du stylegothique flamboyant, très fortement accusé dans la construction et la décoration du gàble de la lucarne,ainsi que dans cette belle frise formée d’une série continue d’arcs en accolade ornés d’animaux fantastiqueset de crochets de choux frisés.
Déjà, du reste, des motifs se trouvent juxtaposés dans cette frise et dans la lucarne, médaillonsd’hommes et de femmes encadrés dans des couronnes ou chapeaux de triomphe, qui appartiennent au pluspur style franco-italien; quelques-uns sont même d’une énergie de facture ou d’une délicatesse de typeremarquable. Les angelots du panneau entre les fenêtres sont, aussi, avec leur nudité à demi voilée d’étoffestrès collantes, d’une exécution qui correspond parfaitement à la date que porte l’un d’eux, si bien qu’onpourrait presque se demander si ces motifs « Renaissance » n’auraient pas été ajoutés après coup sur unefaçade gothique dont le gros œuvre aurait été légèrement antérieur.
Bibliographie : Pierre Dubois : Les Monuments du xvi e siècle et l’introduction de la Renaissance à Amiens ; Notre Picardie(1906), p. 86-89, tig. — Id.: Guide sommaire du Touriste à Amiens (1907), p. 88-89.
PL XLVII. — Noyon. — Ancien Évêché, rue de l’Évêché.
L’évêché de Noyon fut construit ou reconstruit sur le flanc méridional de la cathédrale sous l’épis-copat de Charles de Hangest f i 5 oi - 1628), neveu du célèbre Cardinal Georges d’Amboise ; vers la mêmeépoque, le chapitre faisait édifier la Bibliothèque qui subsiste encore, jolie construction en pans de boiscommencée en i5o6, et l’évêque lui-même élevait la chapelle du bas-côté sud placée sous le vocable del’Assomption sur une partie de terrain prise sur la cour de l’évêché. L’exemple de ces deux morceaux estencore pour nous prouver combien les traditions constructives et décoratives du Moyen âge s’étaient conservéestardivement dans la région de Noyon, aussi bien qu’en Picardie et pour expliquer comment on put concevoiret exécuter, à une date sans doute postérieure à l’avènement de François I er , la belle lucarne de style gothiqueflamboyant que nous reproduisons ici. Nous n’en avons pas du reste la date précise et constatons, dans lebâtiment sur lequel elle est placée, des disparates qui ne peuvent s’expliquer toujours par des reprises ou desadditions. Le corps principal est construit en brique et pierre avec un toit élevé et un pignon placé sur la faceorientale qui offre cette disposition par gradins si fréquente dans le Nord, mais que nous avons également notée