HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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occupèrent la maison après lui, ainsi que leurs descendants, jusqu’au xvm' siècle où elle passa aux Milonen 1740 puis aux Boinet de Bernay et enfin aux Veillechèze de la Mardière qui la vendirent en 1827 auxFrères des Écoles Chrétiennes. Elle avait servi de prison pendant la Révolution; elle est restée occupéepar une école jusqu’à nos jours. Une restauration qui date de 1858 en a défiguré beaucoup de partiessurtout à l’intérieur.
L’immeuble comprend deux corps de logis séparés par une cour et réunis par une galerie quiborde le côté droit de cette cour. Sur le côté gauche des bâtiments, un passage de service ouvert surla rue sert de dégagement. Le corps de bâtiment du fond était sans doute le principal et s’ouvrait enarrière sur une jolie terrasse qui domine le cours du Clain. Il devrait comprendre le grand escalier quidesservait aussi le corps antérieur grâce à la galerie. Toute cette partie est fort défigurée; seuls les piliersde la galerie dont nous avons déjà parlé gardent encore une physionomie intéressante.
Par contre, la façade du corps antérieur, ainsi que le passage voûté sur croisée d’ogives qui mèneà la cour sont fort bien conservés. C’est un très curieux et brillant morceau d’architecture dont l’aspectsemi-militaire frappe encore à une époque si voisine de la Renaissance. Deux pavillons irréguliers, ingénieu-sement disposés sur la pente de la rue, font saillie de chaque côté de la porte. Leurs angles arrondis sontterminés par des tourelles. Rien de sérieux du reste dans ces échauguettes, ces créneaux, ces mâchicoulis :ce ne sont plus que des éléments de décor qu’on ne paraît môme pas s’être préoccupé d’agencer trèslogiquement. Les fenêtres largement percées, les lucarnes gracieusement ornées démentent cet aspect deforteresse et forment des ensembles dont le goût n’est peut-être pas très pur, mais qui sont extrêmementpittoresques.
Bibliographie : de la Mardière: Bull, de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest (1883), p. 30. — Palustre, ouv. cit., I, p. 150 (pl.).— Congrès archéologique de France (1903), p. 38-39, pl. — Brothier de la Rollière, ouv. cit ., p. 293-294.
Pl. XLII à XLIV. — Paris. — Hôtel de Cluny.
Plusieurs grands hôtels s’étaient élevés à Paris dans le dernier tiers du siècle et l’on avait vu s’ymanifester le même goût, la même magnificence que nous venons de noter dans quelques maisons provinciales.Malheureusement, l’hôtel de la Trémoïlle, qui se voyait jadis rue des Bourdonnais et qui était l’un des plusimportants, a été démoli en 1841-1842 :seuls, ses'débris sont encore visibles au-jourd’hui, décorant les cours de l’écoledes Beaux-Arts ; l’hôtel des archevêquesde Sens, qui fut construit à la rencontrede la rue de l’Hôtel-de-Yille et de la ruedu Figuier par Tristan de Salazar, de1475 à 1519, a été un peu plus heureuxet le gros œuvre tout au moins ensubsiste encore, mais il a perdu presquetoute sa parure, et, si la silhouette en estencore pittoresque, il nous a paru tropdéfiguré et diminué pour prendre placeici.
Au contraire, l’hôtel des abbésde Cluny a eu la bonne fortune d’êtrepréservé du vandalisme du milieu duxix e siècle et sauvé, grâce à l’acquisitionqu’en fit du Sommerard en i833 et à
Fig. 19. — Paris : Hôtel de Cluny. — Vue d’ensemble sur la rue
1 installation de ses collections, qui, achetées elles-mêmes par l’État à la mort du fondateur en i8q3 ainsque l’hôtel qui les abritait, sont devenues le Musée national de Cluny-.
En ce lieu s élevait jadis le palais gallo-romain des Thermes dont les robustes constructionstraversèrent tout le Moyen âge et subsistent encore en partie aujourd’hui. Les bâtiments et les terrainsattenants avaient été acquis dès le xiv' siècle par un abbe de Cluny, Pierre de Chalus, qui voulait cons-truire un logis dans le voisinage du college que son abbaye possédait aux environs de la Sorbonne. Maisce projet ne fut réalisé qu’à la fin du xv e siècle par Jean Bourbon, qui entama la construction, Jacques