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1 (1910)
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

PL XXXVIII. Poitiers. Logis de la Grande Barre, 3 bis, rue de lArceau.

On a supposé que le nom donné à ce logis venait de ce quil aurait abrité une ancienne juridictionnommée la Barre tenue par deux délégués du Parlement. Il semble bien que ce soit cependant à destinationdhabitation quil ait été élevé dans la seconde moitié du xv e siècle. Le premier propriétaire en est inconnu.Au xvii e siècle, il appartenait aux religieuses carmélites.

Il se compose dun corps de logis placé en arrière dune petite cour bordée sur la gauche par une aileassez importante dont le pignon sélève sur la rue. Une autre cour par derrière se prolonge par un jardinen terrasse. Une tourelle descalier carrée occupe langle des deux bâtiments et dessert les trois principales piècesdont se compose chaque étage. Les deux pièces placées à la suite lune de lautre dans laile et dans la partiecorrespondante du grand corps de logis renferment chacune une belle cheminée en pierre; dans celle du logis,qui paraît avoir été la grande salle, on y voit même un écusson en partie martelé, soutenu par deux angelotslongs vêtus, certains archéologues ont prétendu distinguer des fleurs de lys, dautres des roses.

La porte de la tourelle sur la cour est couronnée dun arc en accolade entre deux pinacles, décoré debeaux crochets de feuillage. Mais la porte qui souvre dans le mur fermant la cour sur la rue est plus originaleencore, bien que de même type. Les crochets de feuillage des ados y sont remplacés par six animaux plus oumoins monstrueux, lions, singes, chiens, lun même avec une tête dhomme, et le fleuron est formé de troisespèces de chauves-souris sculptées avec la même grasse et large fantaisie.

Bibliographie : de Longueniar: Notice sur le Logis de la Grande Barre. Mem. des Antiquaires de lOuest, t. XXXIX (1875),p. 565-575, 3 pl. L. Palustre: Les Maisons de la Renaissance à Poitiers; dans Robuchon : Paysages et Monuments du Poitou, I, p. 150(tig.) Congrès archéologique de France ( 1903), p. 37-38. Brothier de Rollière : Nouveau guide du voyageur à Poitiers ( /907), p. 27.

Pl. XXXIX à XLI.

Poitiers.

Hôtel Fumée, 8, rue de la Prévôté.

Cest en face de cet hôtel que sélevaient les bâtiments de la Prévôté; on la désigné lui-même parfois,mais à tort, comme lhôtel des Prévôts. Il est établi aujourdhui quil fut bâti et occupé à lorigine par la

famille des Fumée dont certaines branches sont bien connuesen Anjou et en Touraine, à laquelle appartenait en particulierAdam Fumée qui fut chancelier de France en 1494. Cest iciun nommé François Fumée, licencié ès lois, maire de Poitiersen 020, qui parait avoir bâti la maison. Elle lui appartenaitsûrement dès 1 5 14. On en a reculé la date de constructiontantôt jusquen i 5 oq, date de son mariage avec MargueriteAubert, tantôt jusque vers 1490. Nous serions assez disposéspour nous à la faire remonter au moins jusquaux dernièresannées du xv e siècle étant donné son caractère encore toutgothique. Certaines constructions du Nord ou de lOuestpourront nous montrer des prolongements beaucoup plustardifs du style traditionnel; mais il ne faut pas oublier quenous sommes ici tout près de la région de la Loire lonaccueillit de bonne heure avec empressement les nouveautésitaliennes et que néanmoins rien dans cette construction nedécèle autre chose que les habitudes desprit et de main desdécorateurs flamboyants. Nous pensons même, contrairement àce que suppose Palustre, que la construction fut faite en uneseule fois et que les piliers torses armoriés de la cour sont dudessin le plus purement gothique. Si lon retrouve à Oiron deséléments analogues, très transformés du reste, cest que lesdécorateurs de la Renaissance les admirent encore tout en lesaccommodant au goût nouveau. Mais le détail des moulureset des ornements est ici dun caractère encore intact et telquil serait facile den trouver des analogues dans certainspiliers gothiques de nos maisons de bois par exemple.

Fig. 18. Poitiers: Hôtel Fumée. Portique de la cour Les fils dll constructeur, Nicolas et François Fumée,