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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
PL XXXVIII. — Poitiers. — Logis de la Grande Barre, 3 bis, rue de l’Arceau.
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On a supposé que le nom donné à ce logis venait de ce qu’il aurait abrité une ancienne juridictionnommée la Barre tenue par deux délégués du Parlement. Il semble bien que ce soit cependant à destinationd’habitation qu’il ait été élevé dans la seconde moitié du xv e siècle. Le premier propriétaire en est inconnu.Au xvii e siècle, il appartenait aux religieuses carmélites.
Il se compose d’un corps de logis placé en arrière d’une petite cour bordée sur la gauche par une aileassez importante dont le pignon s’élève sur la rue. Une autre cour par derrière se prolonge par un jardinen terrasse. Une tourelle d’escalier carrée occupe l’angle des deux bâtiments et dessert les trois principales piècesdont se compose chaque étage. Les deux pièces placées à la suite l’une de l’autre dans l’aile et dans la partiecorrespondante du grand corps de logis renferment chacune une belle cheminée en pierre; dans celle du logis,qui paraît avoir été la grande salle, on y voit même un écusson en partie martelé, soutenu par deux angelotslongs vêtus, où certains archéologues ont prétendu distinguer des fleurs de lys, d’autres des roses.
La porte de la tourelle sur la cour est couronnée d’un arc en accolade entre deux pinacles, décoré debeaux crochets de feuillage. Mais la porte qui s’ouvre dans le mur fermant la cour sur la rue est plus originaleencore, bien que de même type. Les crochets de feuillage des ados y sont remplacés par six animaux plus oumoins monstrueux, lions, singes, chiens, l’un même avec une tête d’homme, et le fleuron est formé de troisespèces de chauves-souris sculptées avec la même grasse et large fantaisie.
Bibliographie : de Longueniar: Notice sur le Logis de la Grande Barre. Mem. des Antiquaires de l’Ouest, t. XXXIX (1875),p. 565-575, 3 pl. — L. Palustre: Les Maisons de la Renaissance à Poitiers; dans Robuchon : Paysages et Monuments du Poitou, I, p. 150(tig.) — Congrès archéologique de France ( 1903), p. 37-38. — Brothier de Rollière : Nouveau guide du voyageur à Poitiers ( /907), p. 27.
Pl. XXXIX à XLI.
Poitiers.
Hôtel Fumée, 8, rue de la Prévôté.
C’est en face de cet hôtel que s’élevaient les bâtiments de la Prévôté; on l’a désigné lui-même parfois,mais à tort, comme l’hôtel des Prévôts. Il est établi aujourd’hui qu’il fut bâti et occupé à l’origine par la
famille des Fumée dont certaines branches sont bien connuesen Anjou et en Touraine, à laquelle appartenait en particulierAdam Fumée qui fut chancelier de France en 1494. C’est iciun nommé François Fumée, licencié ès lois, maire de Poitiersen 020, qui parait avoir bâti la maison. Elle lui appartenaitsûrement dès 1 5 14. On en a reculé la date de constructiontantôt jusqu’en i 5 oq, date de son mariage avec MargueriteAubert, tantôt jusque vers 1490. Nous serions assez disposéspour nous à la faire remonter au moins jusqu’aux dernièresannées du xv e siècle étant donné son caractère encore toutgothique. Certaines constructions du Nord ou de l’Ouestpourront nous montrer des prolongements beaucoup plustardifs du style traditionnel; mais il ne faut pas oublier quenous sommes ici tout près de la région de la Loire où l’onaccueillit de bonne heure avec empressement les nouveautésitaliennes et que néanmoins rien dans cette construction nedécèle autre chose que les habitudes d’esprit et de main desdécorateurs flamboyants. Nous pensons même, contrairement àce que suppose Palustre, que la construction fut faite en uneseule fois et que les piliers torses armoriés de la cour sont dudessin le plus purement gothique. Si l’on retrouve à Oiron deséléments analogues, très transformés du reste, c’est que lesdécorateurs de la Renaissance les admirent encore tout en lesaccommodant au goût nouveau. Mais le détail des moulureset des ornements est ici d’un caractère encore intact et telqu’il serait facile d’en trouver des analogues dans certainspiliers gothiques de nos maisons de bois par exemple.
Fig. 18. — Poitiers: Hôtel Fumée.— Portique de la cour Les fils dll constructeur, Nicolas et François Fumée,