tourelle font déjà penser aux logettes garnies de bancs des escaliers Renaissance. Extérieurement, les encor-bellements très décoratifs, les lucarnes et la tourelle accolée du comble, qui indique l’importance de la petitepièce supérieure, sont d’un effet très monumental.
Il est assez malaisé de se rendre compte aujourd’hui des dispositions intérieures du corps de logis.On trouve cependant à chaque étage, dans le voisinage immédiat de l’escalier, une pièce de moyenne dimen-sion, à laquelle est joint un petit réduit voûté sur nervures. Au premier étage (voir fîg. 17 ), cette pièce comporteune cheminée monumentale très restaurée aujourd’hui. Elle communique, d’une part, à droite, avec deux autrespièces accompagnées, au premier tout au moins, de réduits en saillie sur la façade postérieure et dont la desti-nation d’appartements n’est pas douteuse. D’autre part, on accède, à travers une sorte de couloir de dégagement,à une grande salle qui, au rez-de-chaussée, est encore voûtée sur croisées d’ogives; ce sont évidemment lespièces d’apparat qui se dégageaient aussi directement sur la galerie.
Le bâtiment a été tellement remanié qu’on a quelque hésitation à garantir l’ancienneté de toutes cesdispositions. Toutefois, l’épaisseur des murs limitant le couloir qui traverse le bâtiment de part en part et sépareles appartements des pièces de réception, semble assurer que ce couloir a toujours existé. Il y aurait là, en cecas, dans la distribution du plan, un notable progrès sur les dispositions beaucoup plus simples et les circu-lations beaucoup plus réduites que nous avons notées jusqu’ici.
Bibliographie : Péan de la Tuilerie : Description de la Ville d'Angers. Edit. C. Port, p. 252-256. — De Wismes : Le Maineet l’Anjou (fig.).— Cél. Port: Dictionnaire historique de Maine et Loire, t. I, p. 111-112. — Chanoine Urseau: Congrès archéologique ,1910, Guide p. 203-204.
Le plan que nous donnons du logis Barrault a été relevé à notre intention par M. Grasset, architecte à Angers.
PI. XXXVI. — Le Mans. — Porte d’escalier d’une maison, me Saint-Pavin de la cité, n° io.
La maison à laquelle appartient ce détail s’élève en bordure d’une des rues de la vieille ville hautedu Mans, parallèle à la Grande-Rue. Légèrement en contre-bas de celle-ci, elle domine les constructions dela rue de la Verrerie, qui suit à peu près l’ancienne enceinte. Elle se compose d’un important corps de logisplacé à l’angle d’une ruelle qui descend en escalier vers la rue inférieure; ce logis, dont on ignore l’histoire,paraît dater, pour le gros œuvre et quelques détails, tels qu’une petite fenêtre ouverte sur la façade méridio-nale, de la seconde moitié du xv e siècle. La partie la mieux conservée est un bel escalier à vis qui s’ouvre surla face nord, dans une cour séparée de la rue par un mur de clôture. Cet escalier est inscrit dans une tourelleà pans, à demi engagée dans le bâtiment, à demi saillante sur la cour. Au bas s’ouvre la porte que nous repro-duisons ici.
Dans le tympan, limité par un arc en accolade, sur les rampants duquel on voit quatre magnifiquescrochets de feuillage, s’inscrivent des remplages flamboyants; au centre, un motif formé d'un angelot tenantun écusson a été malheureusement martelé. On reconnaît encore, toutefois, que l’écu était chargé d’un chevronet de trois oiseaux, dont deux en chef et un en pointe. Ce joli ensemble, d’un style très précis et élégant, estcomparable à divers morceaux exécutés au Mans, soit antérieurs, comme la petite porte qui se voit sur unemaison placée en face du portail sud de la cathédrale, comme la porte de la tourelle intérieure de la maisondite des Deux Amis; soit postérieurs, comme la porte de la maison dite de la Reine Bérengère, ou celle de lamaison voisine, aujourd’hui démolie (voir notice de la pl. XXXVII). L’exécution en appartient sans doute autroisième quart du xv e siècle.
Bibliographie : E. Hucher : Visite des anciennes Maisons du Mans (Congrès archéologique de France 1878). — F. Legeay:Les Rues du Mans [1882]. — C. Dejault-Martinière : Le Mans illustré [1898], p. 86.
Pl. XXXVII. — Cheminée provenant d’une maison du Mans (Musée de Cluny).
Cette cheminée fut acquise, en i85q, par le Musée de Cluny et installée dans la salle Lrançois I er , oùelle se voit encore. Elle figurait auparavant, ainsi qu’une seconde cheminée similaire achetée dans les mêmesconditions et placée aujourd’hui dans la salle des Ages, dans une maison de la Grande-Rue du Mans, n° i3,dite Maison de la cour Polé, démolie en 1 853. Cette maison de la cour Poté appartenait, à la fin du xv' siècle,à une famille de bourgeois du Mans, les Seigneur, qui possédèrent un moment aussi, au xvi e siècle, la maison