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1 (1910)
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15
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

1.5

PI. XXXII à XXXV. Angers. Logis Barrault, rue du Musée.

Lhôtel qui contient aujourdhui les musées et la bibliothèque de la ville dAngers fut élevé, de 1493à 1495, par Olivier Barrault, trésorier de Bretagne, qui fut trois fois maire dAngers, en 1497, 004 et i 5 o 5 ,et qui, comme il le dit lui-même dans un acte, lit bâtir «de très belles et somptueuses matières et de grand

façon et ouvraige ce bel, honneste etsomptueux édifice à la décoration ethonneur de la ville et aussi pour logeret héberger sa famille et ses biens, etpour y recevoir et recueillir honnestementses amys et autres gens de bien ». Len-semble devait être considérable et dunluxe très accusé, égal à celui que lesgrands financiers du xv e siècle avaientdéployé à Bourges ou à Tours.

Cest dans cette demeure que logè-rent les rois et les grands personnages,comme César Borgia et comme MarieStuart, qui passèrent à Angers au xv 6 siè-cle. En 1619, Marie de Médicis sy ins-talla. En 1660, la famille Chalopin, quien était propriétaire, la loua à la villepour loger le gouverneur, puis, en 16elle le vendit à un nommé Joseph LecerfFig. 16. Angers : Logis Barrault. Plan du rez-de-chaussée pour y installer le Séminaire. La Révolu-

tion sen servit pour y loger lÉcole Cen-trale, autour de laquelle vinrent se grouper les musées et la bibliothèque.

La demeure, malheureusement, si les grandes lignes en sont encore reconnaissables (voir le plan fig. 16)et si quelques détails en subsistent intacts, a beaucoup souffert, notamment des appropriations de lépoquerévolutionnaire et des travaux de larchitecte Demarie. Depuis, des additions en ont accru les dimensionspour létablissement du musée; dautre part, des arrangements en style gothique dun goût contestable ontaffecté notamment la façade de droite, dans la cour, et la grande cheminée du premier étage. Enfin, classécomme monument historique dans les dernières années, lédifice a subi quelques restaurations de détail plussoigneuses, comme celles que lon voit encore en cours dexécution sur notre planche XXXIV.

Les bâtiments étaient, comme ceux de lhôtel Jacques-Cœur à Bourges, séparés de la rue par unevaste cour qui était bordée, sur un et peut-être deux de ses côtés,par une galerie ouverte, aux arcades surbaissées, aux nervures d'unemaigreur élégante et dune complication un peu enchevêtrée. Il nesubsiste plus que la partie longeant le mur extérieur (pi. XXXIIIj;chaque travée de la voûte est décomposée en trois triangles,comportant eux-mêmes une division en trois voùtains triangulaires.

Les nervures se coupent et viennent mourir sur les piliers, sans clefsni chapiteaux. Du côté du mur seulement, elles prennent leur pointdappui sur des culs-de-lampe décorés de sculptures.

Le bâtiment à droite de lentrée na plus aucun caractère;celui de face non plus, bien que le gros œuvre et une partie dufenestrage du rez-de-chaussée paraissent anciens. Mais la tourelle etle grand corps de logis attenant que lon voit à gauche et qui touched autre part a la galerie sont assez bien conserves. L escalier surtout, Détail du plan du premier étage

qui était évidemment lescalier dhonneur, est un très beau morceau,

plus vaste et plus ample de proportions que ceux du milieu du xv° siècle. On sachemine progressivement,semble-t-il, vers le luxe des grands escaliers du xvi e siècle : cest encore ici une spirale de pierre terminée parun amortissement analogue à celui décrit à Saumur, mais plus orné, tant dans la balustrade que dans la voûte.Une voûte à nervures assez compliquée se voit aussi à la base, au-dessus du passage qui faisait communiquerla cage de lescalier avec la grande salle du rez-de-chaussée. Les fenêtres percées dans les gros murs de la

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