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HOTELS ET MAISONS I)E LA RENAISSANCE
PI. XXX. — Saumur. — Maison dite de la reine de Sicile, 87, rue Waldeck-Rousseau.
Cette maison, accolée à d’autres constructions à peu près contemporaines au nord et à l’ouest, estsituée dans une île de la Loire qu’un bras de fleuve divisait jadis, paraît-il, en deux, venant baigner le pied deces constructions. Cette maison même serait bâtie toute entière sur pilotis.
C’est une tradition populaire sans valeur aucune qui a donné à la maison son appellation courante,
déformée souvent en celle de «maison de la reine Cécile» On enignore au juste l’histoire et la date. Il est probable cependant qu’ellefut construite dans le dernier tiers du xv' siècle et qu’elle appartint àquelque noble personnage, étant donné les colliers d’ordres qui entou-rent les écussons malheureusement martelés que l’on y remarque. Laconstruction du reste est en belle pierre de taille bien appareillée etla décoration, notamment dans la porte surmontée d’une élégante nichede statue et dans les trois fenêtres du pignon encadrées de riches mou-lurations, est d’une jolie qualité.
Le plan comportait simplement au premier et au second étagedeux pièces avec cheminée, se commandant l’une l’autre; au premierétage la seconde, au moins, avait un réduit formant avant-corps. L’es-calier placé à l’angle faisait saillie sur la face sud en une tourelle octogo-nale, qui revient au plan carré à l’aide d’encorbellements et renferme audeuxième étage une jolie pièce éclairée par une grande fenêtre percée dansle pignon et à laquelle on parvient par un petit escalier accolé latéralement.
Ln hôtel de la même époque dont la façade est moins bienconservée se voit dans la ville même, au n°33 de la rue Dacier; on yremarque une tourelle qui présente presque exactement le même dessinavec un pignon, sur chacune des faces de sa partie haute.
Bibliographie: Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire , t. III, p. 494-495. — A. Rhein, Congrès archéolo-gique de 1910, Guide, p. 26.
Il existe clans la collection de documents sur l’Anjou réunis par J. A. Berthe vers 1830 et conservés à la Bibliothèqued’Angers, un dessin de cette maison (Mss. Berthe, t. I, fol. 70).
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Fie. 14. — Saumur: Maison dite de la Reinede Sicile
Plan du premier étage
PL XXXI. — Saumur. — Maison, 9, rue du Port.
L’escalier dont nous donnons ci-contre deux plans juxtaposés, l’un pris à son départ, l’autre à soncouronnement (au niveau de la vue reproduite sur notre planche XXXI), appartient à une maison dont jadis
l’entrée s’ouvrait dans une cour, au numéro 35 de la rueHaute-Saint-Pierre; une autre entrée était située à un étageplus élevé, sur la rue du Fort. Des caves, creusées dans letuf, s’ouvraient au bas de l’escalier ; des galeries ajourées desser-vaient ensuite les pièces situées au-dessus de la cour, au-dessousou au niveau de la rue du Fort, donnant lieu à une dispositiontrès pittoresque. Enfin, l’escalier était couronné par une pièceoctogonale, où l’on parvient encore par un escalier latéral (voirle plan); cette dernière pièce a gardé sa cheminée et sa voûte avecclef dentelée; mais c’est surtout l’amortissement de l’escalier quilui sert de support qui est intéressant pour avoir conservé intac-tes sa structure et sa décoration de nervures très sobres avec sa balustrade ajourée de quadrilobes flamboyants.
C’est un ensemble tout à fait typique, d’une élégance et d’une logique parfaites, avec ses huit nervuresà pénétrations formant une sorte de palmier ou de parapluie. De grandes constructions avaient dû en donnerl’exemple dans la région dès le début du xv e siècle. On en trouve à la chapelle du château d’Angers et auchâteau du Plessis-Bourré, où les nervures retombent sur des culs-de-lampe au lieu de se fondre dans lamuraille. Nous en retrouverons un autre tout à l’heure, au logis Barrault à Angers. Les architectes de laRenaissance en conserveront les dispositions essentielles à l’hôtel Pincé; quelquefois même ils le reproduirontpresque sans modification, comme à l’hôtel d’Alluye, à Blois.
Fig. i 5 . — Saumur :, Escalier, q, rue du FortAu départ et au sommet
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