HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
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PL. XXVIII. — Tours. — Maison, 29, rue Bretonneau.
Les logis de la seconde moitié du xv e siècle abondaient jadis dans les rues du vieux Tours qui futsi prospère à cette époque et que l’Italien Francesco Florio qualifiait : « domibus altis repleta et amplis ».De nombreux vestiges en subsistent çà et là; ce sont, par exemple, rue Colbert n° i 5 , les restes de la maisonqui, de Jacques Cœur était passée à Jean de Dunois; c’est encore un hôtel assez complet mais mal restauré, ruejulien Leroy; un autre, place Saint-Venant; c’est aux environs de l’ancienne église de Sainte-Croix, le logistrès transformé de Jean Briçonnet, maire de Tours, dont une maison de la ruedu Change, n° i 5 , a gardé un charmant petit réduit voûté sur croisée d’ogivesavec clefs ornées, etc.
• La rue Bretonneau qui prolongeait l’ancienne place du Marché, sousle nom de rue de la Boule peinte, a été malheureusement régularisée etpresque toute rebâtie vers 1860. Des maisons de style gothique, comme celledu n° 22, n’offrent plus aucun intérêt. Par contre au n° 29, derrière une façadesans caractère se trouve une petite cour où se voit sur la droite la curieuseentrée d’escalier que reproduit notre planche XXVIII.
Utilisant très ingénieusement un décrochement du mur mitoyen, leconstructeur a imaginé ce petit porche couvert qui donne accès dans la cagede l’escalier et dans le corps de logis postérieur. 11 est difficile malheureuse-ment aujourd’hui de se rendre compte de ce que pouvait être l’ensemble dela demeure dont une façade postérieure sur le jardin a pourtant conservé assezbien sa physionomie ancienne et même les sculptures placées, comme à lamaison de Tristan, aux retombées du couronnement des fenêtres. Du reste, laporte de l’escalier et la voûte qui la précède sont décorées de sculptures très
délicates et pittoresques dont l’une représente un fou aux prises avec un tonneau et annonce sans doute quel’entrée de la cave était située aussi sous ce porche.
Aucune recherche précise n’a fixé encore l’histoire de ce logis et de ses possesseurs.
Fig. i3. — Tours : Maison2Q, rue Bretonneau •
Entrée d'escalier
Bibliographie : Ch. de Grandmaison, ouv. cit. p. 226. — P. Vitry, oitv. cit. pag. 82.
Le petit plan qui accompagne ces lignes a été exécuté d’après un croquis qui nous a été communiqué par M. Hardion,architecte des Monuments historiques.
PL XXIX. — Tours. — Portail, place du Grand-Marché, n° 56.
C’était là, selon Ch. de Grandmaison, l’entrée monumentale du vaste îlot de maisons que possédaitle trésorier du chapitre de Saint-Martin, baron de Châteauneuf. On sait que le peintre Jean Fouquet habitaitsur ce fief du trésorier de Saint-Martin, dans une rue que la tradition populaire a baptisée la rue des Fouquets.
C’est en tous cas un joli fragment du décor de l’ancienne ville de Tours au temps de sa plus grandeprospérité que ce portail écrasé entre deux constructions modernes sans caractère, surmonté d’un étage etd’un pignon aigu. Ni la cour qu’il commande, ni son propre revers n’ont plus rien que dé banal; mais lecaractère de cette façade de pur style gothique avec son décor flamboyant, son grand arc en accolade et sescrochets de feuilles frisées, ses trois niches inégales que séparent deux fenêtres assez étroites, permet d’endater la construction des quinze ou vingt dernières années du xv' siècle. Dès le lendemain des premièresexpéditions d’Italie en effet, quelques traces d’italianisme apparaîtraient certainement dans une œuvre conçuedans ce milieu tourangeau où les nouveautés étaient si fort en faveur.
Deux statues et sans doute un groupe devaient prendre place dans les deux niches étroites et dans lagrande niche du milieu où l’on imagine volontiers sous le dais formant baldaquin quelque image de Saint-Martin à cheval.
Bibliographie : Ch. de Grandmaison. Tours archéologique p. 167. — P. Vitry, Tours et les Châteaux de Touraine,p. 81-82 (fig.).