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1 (1910)
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

et la bergère. Cette sculpture naïvement réaliste rappelle beaucoup celle de Jacques-Cœur. Il en est demême, à droite de la cheminée, pour le tympan de la petite porte qui fait communiquer les deux salles,se voit, en bas-relief, une espèce de bergerie, une pastourelle tournant son fuseau, avec son chien endormi etses moutons au parc, tandis que deux bergers luttent dans le voisinage. On a voulu voir une scène de lavie de sainte Solange dans ce tableau, qui est sans doute uniquement pittoresque.

Mais la partie capitale de lédifice, cest la tourelle octogonale (voir PI. XV) qui contient le belescalier à vis desservant le premier étage et le comble. Elle était jadis complétée par un étage ajouré quidominait le faitage du bâtiment principal et par suite presque toute la ville; cétait une sorte de beffroi, à côtéduquel se trouvait le logis du guetteur et lhorloge publique. Cette partie haute a tomber en ruines auxvm e siècle. Une corniche factice a été établie alors au niveau du sol de la salle supérieure supportant lapoivrière rabaissée; la petite vis accolée en encorbellement ne mène plua nulle part. Des débris de cet étagedisparu ont été retrouvés récemment en démolissant un mur sur la rue du Paradis on les avait employéssans presque les retailler.

La grande vis, qui sarrête au niveau du comble, est couverte aujourdhui par une voûte à huitnervures avec pendentif central (voir PI. XVII i, qui rappelle beaucoup celle de lhôtel Jacques-Cœur.Cette voûte avait être fort endommagée lors de la chute des étages supérieurs. Il y a une trentainedannées (voir Buhot de Kersers, loc. c/7.) il ne restait plus que lamorce des nervures convergentes avec lesculs-de-lampe; mais lensemble a pu être très facilement et sûrement restitué.

A lextérieur, cette tourelle comporte une décoration abondante et originale se retrouve, avec unpeu de recherche excessive et de lourdeur parfois, le système décoratif de lhôtel Jacques-Cœur. La portedentrée (voir PI. XVI ) qui sert aussi, nous lavons vu, pour la grande salle, est surmontée dun bas-reliefdeux anges soutiennent lécu de Lrance et le collier de Saint-Michel sous un baldaquin dont deux autresanges écartent les rideaux. Sur la face principale de la tourelle, qui est aveugle, une colonne en forme de troncdomine avec lécusson de la ville attaché en sautoir et au-dessus un ange qui tient lécu de Lrance.

Au-dessus, les deux faces principales de loctogone sont décorées de fenêtres géminées. Maislévidement de ce s fenêtres eût laissé une pile trop faible à langle de la tourelle. Aussi larchitecte ingénieuxa-t-il cru devoir aveugler toute une série de fenêtres qui touchent à cet angle, et, se souvenant du procédéemployé par larchitecte de Jacques Cœur pour les encoignures de son pavillon dentrée, il a meublé cesfenêtres aveugles, lune avec une huisserie simulée, les deux autres avec de pittoresques figures de guetteursen grand costume tenant une sorte de hallebarde à la main. Ce sont les figures populaires par excellence de cetensemble. Mais il nest peut-être pas nécessaire dy voir une sorte demblème des prérogatives municipales.

Bibliographie : Buhot de Kersers : ouv. cit. T. II, p. 274-278, pl. I et II. Baron de Girardot : Les Artistes de Bourges.Archives de lart français, 2 me série 1861. Guide de l'Etranger à Bourges, 5' édit., 1894, p. 133 - 135 . Congrès archéologique de France,Bourges 1898, p. 53 (pl.) LAncien Hôtel de Ville de Bourges , mémoire lu par M. Gauchery à la Société des Antiquaires du Centreen 1909 et non encore publié. Ce mémoire nous a été obligeamment communiqué par son auteur, ainsi que le plan que nousreproduisons ci-contre.

Pl. XIX. Bourges. Maison rue Bourbonnoux, n u 50.

Vers le haut de la rue Bourbonnoux, non loin du flanc nord de la cathédrale, on trouve au revers dunemaison toute moderne dapparence, portant le n° 5o, un beau fragment de façade gothique qui rappelle detrès près le style de lhôtel Jacques-Cœur et de lancien Hôtel de ville. Il comprend au rez-de-chaussée et aupremier étage une grande et une petite fenêtre accolées, qui malheureusement ont perdu leurs meneaux. Leurencadrement, par contre, ainsi que la plate-bande intermédiaire entre les deux étages, est admirablementconservé. Dans cette dernière en particulier, on voit un arc en accolade garni de crochets et prolongé par deuxtiges de chardon qui vont sépanouir vers lappui de la fenêtre supérieure; cet arc vient se superposer à unedécoration de quadrilobes flamboyants identique à celle que lon trouve à la même place chez Jacques Cœur.Deux culs-de-lampe du premier étage sont ornés de petits personnages pittoresques, des vendangeurs, lunavec une hotte, lautre avec un panier, qui rappellent aussi tout à fait les motifs familiers de la grande demeureberrichonne.

Ce devait être, étant donné la qualité de ces fragments, une importante maison du dernier tiers duxv e siècle; on croit que ce fut celle de Bienaimé Georges, architecte et intendant de Jeanne de Valois. Une longueinscription se lisait jadis au dessus de la fenêtre de gauche. Elle est malheureusement martelée ainsi que