Druckschrift 
1 (1910)
Entstehung
Seite
5
Einzelbild herunterladen
 

INTRODUCTION DU TOME I

5

* lui-même, mais être brutalement supplanté ou altéré par les nouveautés italiennes introduites

en France dès les dernières années du xv e siècle.

Lorsque les modes italiennes se seront à peu près complètement imposées dans lesmilieux llorissait jadis lart traditionnel et national, alors certes, les derniers tenants dustyle gothique ne produiront plus que des œuvres médiocres et abâtardies; mais cette déca-dence réelle se place après et non avant la Renaissance : elle devint inévitable lorsque lélitedes artistes eut abandonné lentretien des traditions auxpraticiens obscurs, lorsque toutes les faveurs et toutesles commandes furent allées aux novateurs italianisants.

Lart religieux qui se développe en Franceaprès la guerre de Cent ans, offrirait avec ses prolon-gements poussés très loin dans le xvi e siècle, une abon-dante moisson de documents à lappui de cette thèse.

Mais bien plus importante et bien plus significativeencore est larchitecture civile qui se développe à lamême époque. Malgré son abondance et sa verve,lart religieux ne peut dépasser ni même atteindre leniveau des grandes œuvres des siècles passés, sièclesde foi plus vive et denthousiasme plus fécond, tandisque lessor de lesprit moderne se marque de façon trèsnette dans les créations inspirées par les besoins de lavie courante, par le désir du luxe et du confort, delagrément et du charme donné au cadre de lexis-tence journalière.

Cest dès la fin du xiv e siècle, dans le Louvrede Charles V, le Pierrefonds de Louis dOrléans et lesdivers châteaux du duc de Jean de Berry, que le typede la demeure féodale commençe à se modifier et quesaffirment des préoccupations nouvelles de luxe, de gaieté et de confort. Les transfor-mations de lart militaire, la sécurité aussi qui devient de plus en plus grandes, vontrendre inutile le formidable appareil défensif des forteresses dautrefois. La maisonde plaisance va remplacer le château-fort. Dans les villes même, vont se développer sous lenom nouveau & hôtels des résidences royales ou princières dont lun des premiers types sera cethôtel Saint-Pot de Charles V, saffirme un caractère tout nouveau, lon revient pres-que au parti jadis abandonné de la villa romaine, avec cours, jardins, terrasses, galeriesajourées, rappelant les anciens portiques sans en dériver directement, sans que lon songe sur-tout à une imitation quelconque dédifices que lon ignore absolument.

Les bourgeois enrichis, les financiers dont le règne commence, les parvenus que neretient aucune tradition féodale, vont se faire eux aussi, eux surtout, élever dans les villesdu xv e siècle, parfois sur les murailles même devenues presque inutiles, sauf comme soubas-sements, comme carrières et comme terrasses pour dominer les faubourgs marchands, desdemeures plus somptueuses, plus aérées, plus largement ouvertes. Les historiens des villesflamandes ont noté également la différence entre les anciennes et rudes maisons de pierre ousteenen du haut Moyen Age et les hoven, ou cours, plus gais et plus clairs de la fin duxv u siècle.

Gaston Paris, en lui comparant la littérature du temps, a parfaitement défini cettearchitecture civile « si charmante et si française », dit-il, qui nest plus celle du Moyen Ageet n'a point encore cependant subi les effets de la Renaissance italienne. « Déjà les épaisses

nin

HPW** S 1 T I WW

w nm mi * i t

îlllVSVii «mua; nam»

MMiü ÜW 35!tW!fFHi

Fig. vii. Rouen: Maison de lAnnonciation.