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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
Fig. ii. — Figeac: Maison du xiii« siècle.
s’accorde au goût du jour. Témoin l’importante maisonde la rue Hortabadial à Figeac que reproduisent nosligures II et III. On y remarque l’introduction au-dessusde la galerie de ces oculi quadrilobés, qui, en s’amplifiantet en venant se joindre au fenestrage, vont donner naissanceà des combinaisons de verrières à meneaux analogues àcelles des églises du temps, de plus en plus élégantes etajourées; cette disposition assez simple encore se remarquedans une maison du milieu du xm e siècle à Caudebec;elle se développe au xiv e siècle dans les magnifiques habi-tations si bien conservées de la petite ville de Cordes (lig. IV ).
Une autre innovation qui apparait parfois aussidès le xm e siècle, et qui a pour but également de donnerplus d’air et de lumière dans les appartements sans compro-mettre la solidité de la façade, est celle des fenêtres àmeneaux cruciformes que l’on trouve par exemple dans lafameuse maison des Musiciens de Reims et dont l’origineremonte peut-être, d’après certaines découvertes récentesfaites à Sens, jusqu’à l’antiquité gallo-romaine, peut-êtreseulement jusqu’à l’époque romane, en tout cas sûrement auxm e siècle, où nous trouvons la fenêtre à meneaux employéeau Palais des Comtes de Champagne à Provins etailleurs.
Les dispositions intérieures de la maison des Musiciens ont été malheureusement toutà fait dénaturées et il est inutile de chercher en arrière de cette façade des traces intéres-santes de la distribution ancienne de la maison. Elle est surtout célèbre pour présenterentre les fenêtres de sa façade cinq statues assises, encadrées sous des arcs en tiers-point,qui constituent une décoration d’une richesse et d’une qualité tout à fait exceptionnelles.D’ordinaire la sculpture qui joue un rôle assez important dans la décoration se borne àquelques motifs d’ornements, à des têtes sans signification précise qui vont bientôt tourner augrotesque ou à la caricature, pleine de verve populaire, mais d’un art en somme assez secondaire.
D’ailleurs, bien qu’on ignore ladestination et l’histoire exacte de cette mai-son et bien que les boutiques qu’elle com-portait doivent la classer parmi les simpleshabitations de bourgeois et de marchand,c’était certainement, ainsi que celle deFigeac ou celle de Cordes que nous avonscitées, une demeure importante etluxueuse. Non seulement la qualité de sadécoration, mais aussi l’ampleur de sesproportions nous en assurent. Générale-ment le terrain sur lequel s’élevaient lesmaisons moyennes, était parcimonieuse-ment ménagé: le bâtiment ne présentaitguère qu’une façade de six ou huit mètreset ne comportait pas plus d’une pièce à
chaque étage. F ig. iii. — Figeac: Maison du xiii c siècle. — Détail.
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