heur pour la direction. Les textes des nouveaux opérasqu'on y a donnés étaient toujours de Scribe, l’hommequi un jour prononça cette grande parole : « L’or n’estqu’une chimère! » et qui cependant court toujours aprèscette chimère. C’est l’homme de l’argent, du réalisme enespèces sonnantes; il ne se fourvoie jamais sur les hau-teurs romantiques et stériles d’un monde idéal, mais il secramponne fermement à la terrestre réalité du mariagede raison, du civisme industriel et des droits d’auteur.Des bravos éclatants ont accueilli le nouvel opéra deScribe, la Sirène, pour lequel Auber a écrit la musique.L’auteur et le compositeur se conviennent ici parfaite-ment : ils ont peut-être le sentiment le plus raffiné deschoses intéressantes; ils savent nous amuser agréable-ment et parfois même nous enchanter ou nous éblouir parles lumineuses facettes de leur esprit; ils possèdent l’unet l’autre un certain talent pour le filigrane, au moyenduquel ils relient ensemble les plus mignonnes bagatelles ;et l’on oublie chez eux qu’il y a une poésie. Ils sont uneespèce de lorettes dans l’art; par leur sourire ils effacentde notre mémoire les cauchemars du passé, toutes leshistoires de revenants qui nous oppressaient le cœur, etpar leurs caresses coquettes ils écartent de notre front,comme avec un gentil chasse-mouches de plumes depaon, les bourdonnantes pensées de l’avenir. A cetteespèce candidement galante appartient aussi Adam, quiavec son Cuglioslro a recueilli également de très-frivoleslauriers à l’Opéra-Comique. Adam est l’homme le plus
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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