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ŒUVHES DE HENUI IIF.INE.
V
avenant et le plus aimable, et son talent est encore sus-ceptible d’un grand développement. Une mention ho-norable est encore due à M. Thomas, dont l'operello inti-tulé Mina a beaucoup réussi.
Mais tous ces triomphes ont été surpassés par la voguedu Déserteur, vieil opéra de Monsigny, que l’Opéra-Co-mique a exhumé des cartons de l’oubli. Voilà de la vraiemusique française ! la grâce la plus sereine, une douceuringénue, une fraîcheur semblable au parfum des fleursdes bois, un naturel vrai, vérité et nature, et même dela poésie. Oui, cette dernière n’est pas absente, maisc’est une poésie sans le frisson de l’infini, sans charmemystérieux, sans amertume, sans ironie, sans morbi-dezza, je dirais presque une poésie jouissant d’une bonnesanté. Et cette santé est à la fois élégante et rustique.L’opéra de Monsigny me rappela immédiatement lesœuvres de son contemporain, le peintre Grenze : je recon-nus dans la musique de celui-là toutes les scènes cham-pêtres que celui-ci a peintes, et je crus retrouver danscertains morceaux de Monsigny le pinceau de Greuze.En écoutant cet opéra, je compris clairement que les artsdu dessin et les arts récitants de la même époque respi-rent toujours un seul et même esprit, et que les chefs-d’œuvre contemporains portent tous le signe caractéris-tique de la plus intime parenté.
Je ne puis clore cette lettre sans ajouter que la saisonmusicale n’est pas encore finie, et qu’elle résonne cetteannée, contre toute habitude, jusqu’au cœur du mois de