LUTECE.
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éternellement verdoyante, éternellement chantante, oùje me réfugie souvent lorsqu’une tristesse hivernale m’en-toure de ses brouillards, ou que le froid de la vie medevient insupportable. Là, dans la douce retraite d’uneloge grillée, on se sent délicieusement réchauffé, et l’onn’expire du moins pas sous l’étreinte de la gelée. Lamagie harmonieuse y transforme en poésie ce qui,l’instant d’auparavant, n’était qu’une grossière réalité;la douleur se perd dans des arabesques de fleurs, etbientôt notre cœur se pâme d’aise et se prend de nou-veau à rire. Quel délice, quand Mario chante et que dansles yeux de Grisi les accents du rossignol bien aimé sereflètent pour ainsi dire comme un écho visible ! Quelplaisir, quand Grisi chante, et que dans sa voix ré-sonne mélodieusement le tendre regard et le sourirebienheureux de Mario ! C’est un ravissant couple, et lepoëte persan, qui a nommé le rossignol la rose parmiles oiseaux et la rose le rossignol parmi les fleurs, se ver-rait ici tomber dans un imbroglio inextricable, cai tousles deux, Mario et Grisi, ne sont pas seulement distin-gués par le chant, mais aussi par la beauté.
Malgré le contentement que nous procure la présencede Mario et de Grisi, nous regrettons vivement, auThéâtre Italien, M me Pauline Viardot, ou, comme nouspréférons l’appeler, M ,ne Garcia. Elle n’est pas rempla-cée, et personne ne saurait la remplacer. Celle-ci n’estpas une Philomèle exclusivement douée du talent del’espèce, et sachant parfaitement sangloter et gazouiller