LUTÈCE.
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beer, c’est un moyen infaillible, et le voici : vous écrirezsur moi un grand article, et plus vous ferez ressortirmes mérites, plus vous vexerez Meyerbeer. » Une autrefois, qu’un ministre de France reproche avec humeur àl’auteur des Huguenots d’avoir, en dépit de l’urbanitcavec laquelle on l’a traité ici, accepté une charge ser-vile à la cour de Berlin ; aussitôt notre Spontini s’élancejoyeusement vers le ministre, et s’écrie : « J’ai votreaffaire! vous pouvez infliger à l’ingrat le plus durchâtiment, vous pouvez lui porter un coup de poi-gnard, si vous me nommez grand oflicier de la Légiond’honneur. » Dernièrement Spontini trouva le pauvreLéon Pillet, le malheureux directeur du grand Opéra,dans la plus grande exaspération contre Meyerbeer, quivenait de lui faire annoncer par M. Gouin qu’à cause deson mauvais personnel de chant il ne voulait pas encoreproduire le Prophète. Comme alors les yeux de l’Italiens’illuminèrent! « J’ai votre affaire! s’écria-t-il dans untransport de joie. Je vais vous donner un divin conseil,comment vous pourrez humilier à mort l’ambitieuxintrigant : faites faire ma statue en grandeur naturelle,pîacez-la au foyer de l’Opéra, et ce bloc de marbrepèsera comme un cauchemar sur le cœur de Meyer-beer. » L’état mental de Spontini commence à la longueà causer de graves soucis aux siens, notamment à lafamille d’Érard, le riche fabricant de pianos, dont il estle beau-frère du côté de sa femme. Il y a quelques jours,je le rencontrai dans les salles de l’étage supérieur'du